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Education, recherche, culture Vendredi 21 Mai 2010 à 18:26

Rigueur dans la recherche : la grande désillusion

François Fillon, tirant prétexte de la crise grecque, vient de confirmer dans son plan de rigueur qu’un emploi de fonctionnaire sur deux sera supprimé au CNRS l’an prochain.
Cette annonce est à la fois catastrophique et incohérente.
Catastrophique, car la recherche souffrira nécessairement de cette baisse de son potentiel humain. Catastrophique, car le signal envoyé aux étudiants tentés par la recherche est clair : ce secteur, pourtant moteur de la société de demain, est sinistré. L’effort de recherche en France, mesuré en pourcentage du PIB consacré aux dépenses de recherche et développement, est passé de 2,23% en 2003 à 2,02% en 2008… C’est moins que dans la plupart des grandes puissances économiques, et la situation est encore pire si l’on ne considère que les dépenses publiques.


L’application de la règle du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux est aussi incohérente avec les ambitions affichées de développer la recherche grâce au grand emprunt, dont la véritable nature se dévoile peu à peu. On savait déjà qu’en matière de recherche, cet emprunt n’avait de « grand » que le nom. On savait également qu’il s’agissait d’un jeu de dupe puisque, selon l’aveu de Nicolas Sarkozy lui-même, le coût de l’emprunt doit être compensé par des réductions budgétaires. En effet, dès le mois de  janvier, bien avant que les fonds du grand emprunt ne soient attribués des coupes sombres ont été opérées dans les crédits de la recherche et de l’enseignement supérieur.

Désormais, nous avons la certitude qu’il y aura, en outre, des suppressions d’emplois de fonctionnaires importantes et un recours croissant aux chercheurs précaires. Les promesses du grand emprunt sont donc un leurre. Les augmentations annoncées correspondent en réalité à des transferts : il ne s’agit de rien d’autre que de déshabiller Pierre pour habiller Paul.
Avec la rigueur, la situation ne peut que s’aggraver et l’on peut s’attendre au pire. La droite ne semble pas mesurer les dangers de sa politique quand elle s’attaque aux dépenses d’avenir, à l’éducation et à la recherche notamment. Ce qui est détruit aujourd’hui ne se reconstruira que très lentement et difficilement.

Ceux qui auraient pu devenir nos futurs chercheurs, et qui aujourd’hui préfèrent d’autres voies à l’avenir moins bouché, ne reviendront pas. Les projets scientifiques qui n’auront pas été conduits parce qu’ils ne sont pas dans les priorités fixées par le ministère resteront à l’état d’idées avortées dans la tête de chercheurs dépités. Les lycéens qui se détournent des études supérieures où les chances de réussite sont trop hasardeuses, et les conditions de survie matérielle trop mauvaises, ne contribueront pas à l’élévation du niveau de formation de la France.

Ce désastre pourrait être évité, en acceptant de toucher au bouclier fiscal, par exemple. Mais les intérêts de ses riches amis sont sans doute plus importants que ceux de la France.

Photo Flickr CC/ K_haruna