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Élections 2012 - Présidentielle et législativesÉlections 2012 - Présidentielle et législatives

Europe et international Vendredi 16 Décembre 2011 à 10:50

A Rome, François Hollande poursuit la préparation d'une autre Europe

Après Bruxelles et Berlin, François Hollande continue ses visites en Europe. En visite à Rome, où il rencontre la gauche italienne, et face à l'aggravation de la crise en France, François Hollande a dénoncé le «triple échec de Nicolas Sarkozy». «Pour l'instant il y a un triple échec de Nicolas Sarkozy: échec par rapport à l'obligation de croissance, nous sommes en récession, échec par rapport à l'objectif de réduire le chômage, échec par rapport à la réduction des déficits», a expliqué François Hollande au siège du Parti démocrate italien, où il a rencontré une délégation de Français vivant en Italie.

«Les objectifs de réduction de déficits ne pourront pas être atteints et dans 5 mois il y aura un troisième plan de rigueur», prévient François Hollande.

Compte tenu de cette situation, «je préfère le dire aux Français, c'est la vérité que je leur dois: nous ne pourrons pas tout promettre. C'est la raison pour laquelle j'ai hiérarchisé les priorités», avec en tête celle de «la jeunesse», a déclaré le candidat. Selon lui, «il n'y aura de redresssement possible que s'il y a plus de production" par "la réindustrialisation et plus de justice sociale». Il a également dénoncé l'inefficacité de la politique européenne actuellement à l'oeuvre : depuis des mois, les sommets européens, c'est «toujours trop peu et trop tard». Dans une interview au grand quotidien la Repubblica, il a ainsi évoqué les erreurs du pacte Sarkozy-Merkel.

«Grande responsabilité de la gauche italienne»

Il a rencontré le président de la République italienne, Giorgio Napolitano, dont le rôle a été essentiel durant les derniers mois de crise politique en Italie. «Nous avons besoin d'une Italie qui ferme la parenthèse de Berlusconi et s'ouvre à des exigences que nous partageons, c'est-à-dire d'être pleinement partie prenante de la nouvelle Europe que nous avons à bâtir», a affirmé le candidat à la Présidence de la République, à l'issue d'un long entretien privé avec le président italien.

Il a également  salué l'installation du gouvernement italien de Mario Monti qui «ferme la parenthèse Berlusconi». «Les Italiens ont changé de gouvernement, ils sont (avec Mario Monti) dans un programme de redressement indispensable et la gauche italienne fait preuve d'une grande responsabilité», a déclaré M. Hollande à la presse au siège du Parti démocrate (PD, gauche italienne). Massimo D'Alema était également présent et a échangé avec la délégation du PS qui accompagnait le candidat (Stéphane Le Foll, Aurélie Filippetti, Harlem Désir...).

>> Une autre voie pour l'Europe, retrouvez la tribune de François Hollande parue ce vendredi

«Je pense que l'Italie a tout à fait sa place dans l'Europe que j'imagine pour demain», a-t-il aussi jugé soulignant qu'elle était «un pays fondateur, majeur de cette Europe». «Le couple franco-allemand est nécessaire pour faire avancer l'Europe, mais, a-t-il ajouté, il ne doit pas être fermé sur lui-même, il doit être ouvert, cohérent. Il doit porter une politique et pas simplement une discipline».

"Nous avons fait l'Europe, pas simplement pour faire un marché, mais pour que les Européens vivent mieux"

François Hollande a ensuite traversé les rues de Rome, rencontrant des commerçants et même plusieurs concitoyens Français avec lesquels les échanges furent chaleureux. Il s'est ensuite rendu à une conférence de presse avec Pierlugi Bersani consacrée à l'avenir de l'Europe. Les échanges furent riches toute la journée entre les deux hommes et évoquèrent à de nombreuses reprises un nouveau pacte progressiste en Europe, pour sortir de l'Europe de Merkel et Sarkozy, «qui coule l'Europe». François Hollande a d'ailleurs appelé à ce que «le couple franco-allemand (soit) ouvert et cohérent et ne doit pas se transformer en directoire pour soumettre les autres Etats». Dans son discours, François Hollande a notamment rappellé que «nous avons fait l'Europe pas simplement pour faire un marché mais pour que les Européens vivent mieux».

Le reportage sur la webtv Youdem du Parti démocrate italien

 

Le leader du PD a remercié François Hollande de cette visite, qui «au-delà des soutiens formels», «la clarté d'idée de François Hollande sur les perspectives de l'Europe(..) qui permet une collaboration très forte et de porter à François Hollande plus que des voeux formels pour l'extraordinaire bataille qu'il conduit. Une victoire de François Hollande en France peut ouvrir des perspectives pas seulement pour la France, mais pour l'Europe, une Europe qui doit changer de route, à partir d'une nouvelle et grande plateforme des progressistes européens».

>> Regarder la conférence de presse intégrale sur Youdem, la webtv du Parti démocrate (italien)

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