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    Europe et international Vendredi 29 Novembre 2013 à 12:54

    Compte-rendu du colloque «La montée des populismes en Europe» à l'Assemblée nationale


     

    Le Parti socialiste organise un colloque sur la montée des populismes en Europe, le 18 décembre à l'Assemblée nationale en présence de Claude Bartolone, président de l'Assemblée nationale et Harlem Désir, Premier secrétaire du Parti socialiste.

    L'essor du populisme constitue une grave source de préoccupation dans l'ensemble de l'Union. 

    Plusieurs formes de populismes existent en Europe. Leur montée en  puissance n’a pas de cause unique : elle résulte de la conjonction de plusieurs facteurs. Leurs mécanismes de propagation ne sont pas identiques. Les solutions mises en place par les partis politiques dans les pays européens pour résister et combattre ce phénomène diffèrent, elles-aussi.

    - 14h15 - Ouverture du colloque par Claude Bartolone 
     

     

    Le PS est attendu sur ce thème et il est dans son rôle : parce que la tectonique politique en France et en Europe laisse présager des secousses profondes, si nous ne faisons rien. Il évoque le dur constat qu'est la montée des populismes en Europe depuis15 ans.

    Il rappelle que depuis sa fondation en 1972, le FN est bien ancré en France : et souligne l'absence de rupture entre le Front des 80 et celui des années 2010. «Quelque soit l’apparence de respectabilité, il avance avec le même carburant de haine et de xénophobie»
     
    Il déclare : «Le populisme n’a pas changé de nature, il a changé d’intensité. Aujourd’hui le FN veut prouver aux municipales et aux européennes qu’il est capable d’engrenger des scores qui le hissent au niveau des partis de gouvernement.»
    Il ajoute que n’est pas populiste celui qui s’adresse au peuple : celui-là c’est le vrai politique. Et poursuit , «le populiste est un politique au stade primaire de son évolution, il a le talent du langage mais quand vient le temps de l’action ses mots n’ont plus aucune prise avec le réel»

    C.Bartolone évoque aussi le chômage et le sentiment de déclassement venus se verser dans le brasier des mécontentements : le résultat des politiques désastreuses menées par les droites conservatrices européennes. Entre le néolobéralisme anglo-saxon et l’ortholibéralisme allemand, le président de l'Assemblée nationale l'appelle «le consensus de Bruxelles», une Europe dure à l’intérieur et molle à l’extérieur.

    Il rappelle qu'il existe 27 partis populistes en Europe dans 18 pays, qui représentent 15% des suffrages. Ils montent en puissance mais pas seulement sur le front des inégalités sociales.
    Pour remédier à cette montée des populistes, il évoque ses pistes:
    1. Faire le ménage chez nous en France, les populismes se combattent sur le terrain par l’action militante contre les idées toxiques du FN. Il déclare : «Nous devons montrer que nous sommes différents, c’est l’honneur du PS de mener cette bataille»
    2. Etre d’une totale clarté sur notre projet européen : «être socialiste c’est être européen»
    Il rappelle qu'il n’y a pas le choix entre plus d’Europe ou moins d’Europe il y a le choix entre 2 projets pour l’Europe.
     
     
     
    - 14h50 - La première table ronde débute sous le thème :«Les habits neufs du national populisme européen» avec Michel Wieviorka, Marc Lazar, professeur en histoire et sociologie politique, Nonna Mayer, professeur et politologue et Magali Balent, chercheur associée à l'IRIS, spécialiste des extrémismes et nationalismes en Europe.
     


     

     
    Nonna Mayer définit le terme «populisme» par «droites extrêmes, droite radicales»
    Ces partis sont massivement perçus et classés à droite, plus un électeur est à droite pour le vote pour ces partis augmente. Ils sont anti-immigrés et xénophobes. Classés à l’extrême droite par ⅔ des français.
     
    Pour elle, la montée des populismes a débuté avec les partis nazis, puis les partis anti-fiscaux, le poujadisme, et la 3e vague est survenue dans les années 80.
    Elle ajoute : La vérité c’est qu’il y a un tas de nouveaux venus qui se sont développés sur les ruines du soviétisme.
    Elle explique que l’écroulement du communisme (l'ennemi commun de toutes ces droites), la mondialisation (associé à une peur de perte de souveraineté) ont ouvert une niche pour ces nouveaux partis. Le contexte de crise économique, a aussi entrainé une crise de confiance envers la classe politique.
     
    Magali Balent, chercheur associée à l'IRIS, spécialiste des extrémismes et nationalismes en Europe évoque l'historique des groupes populistes, d'extrême droite au Parlement européen : «l'extrême droite a des députés au Parlement européen depuis 1984 : il n’y a rien de neuf »
    En effet, c'est en 1984 que le groupe d’extreme droite - groupe des droites euroépennes présidé par J-M Le Pen avec 17 députés (italie, grèce, FN) rejoint par un député irlandais faisait son entrée au Parlement européen. 
     

    Marc Lazar, professeur en histoire et sociologie politique, aborde le cas italien.

    Il avance le fait que si le populisme n'est que de droite extreme , c’est un style qui contamine tous les partis.

    La notion de populisme malgré son caractère vague est pertinente. Il évoque Beppe Grillo, Silvio Berlusconi qui ont pour point commun de suciter l'exaltation du peuple et l'exaspération de la classe dirigeante.

    Guillaume Bachelay prend la parole et explique que pour endiguer la montée de l'extrême-droite, il faut avant tout en comprendre les causes, en identifier les ressorts: 

    Pour combattre efficacement un adversaire il faut le qualifier précisément ; on peut porter des habits neufs, mais conserver le même tissus. Habillage lexical, doctrinal pour se débarrasser du lourd manteau de l’extrême droite, de la réaction, du repli, qui ont conduit l’Europe au déchirement tragique que l’on sait..

    Il rappelle aussi que ces partis nationalistes, se présentent et présentent la communauté nationale comme une citadelle assiégée. Pour ce qui est des dirigeants il ajoute que leaders d'extrême-droite ne cherchent pas à résoudre des problèmes, ils aspirent uniquement à régler des comptes

    G.Bachelay affirme la bataille des valeurs que nous devons mener : la société voulue par l'extrême droite, consiste en des déchirures dedans, et la fermeture dehor

     
    A la veille des élection européennes, Guillaume Bachelay rappelle que par leur bulletin de vote, les citoyens peuvent choisir entre Europe austéritaire, Europe solidaire, PPE ou PSE.
    La dernière Convention du Parti socialiste sur l’Europe a permis d'évoquer une révision des modalités de calculs des déficits pour prendre en compte les projets d’investissement, la volonté farouche de régulation contre financiairisation. 
     
    - 16h - La deuxième table ronde s'ouvre intitulée «Etats des lieux » sur les populismes nordiques, en Grèce, et Europe centrale avec Antony Todorov de la nouvelle université bulgare de Sofia, Paul Lucardie, de l'Institut Montesquieu des Pays-Bas, Georges Tassiopoulos, Docteur en science politique, Pascal Delwit de l'université libre de Bruxelles


     

    Pascal Delwit Incite à la méfiance ou du moins à la nuance, afin d'éviter la généralisation des populismes: un certain nombre d’Etat européens ne vivent pas avec une extrême droite électorale et politique importante : l'Espagne et le Portugal sont des pays en extreme difficulté et l'extreme droite y brille par son absence au parlements comme au sein de leurs gouvernements.
    Quant à une hypothétique progression, elle a aussi a atténuer : à titre d'exemple en Suisse, l’UDC a perdu 3% lors du dernier scrutin et les dernières élections en Italie ont été calamiteuses pour la ligue du Nord. 

    Elle nait principalement en Norvège et au Danemark et son propos n’est pas nécessairement primairement xénophobe ou raciste, il est agencé autour de l’Etat social à la mode scandinave et autour de la fiscalité. Ce sont d’abord des partis anti fiscaux. 
    Progressivement, cette dimension anti fiscale va céder le pas à un propos plus xénophobe, et à un rejet de l’immigration.
     
    Il rappelle que si l'on considère que la phase contemporaine est troublante, anxiogène pour les catégories populaires, salariées et non salariées, il faut mener des politiques publiques qui rassurent, au bénéfice de ces mêmes catégories populaires : «Il faut rassurer car la dimension anxiogène est un élément fort du vote d’extrême droite
     
    Antony Todorv prend la parole et aborde les projets politiques des populistes, extrémistes, nationalistes : 
    Ils peuvent être considérés comme xénophobes, de nationalisme exacerbé…leurs projets sont marqués par le racisme. 
    «En Europe centrale ou orientale, ces pays qui n’ont pas de passé colonial, le racisme est particulier : il est anti roms, anti tzigane et très visible»
    Ces projets politiques sont proches des démocraties plébiscitaires : contre les corps intermédiaires, sous la houlette d'un chef, souvent charismatique. Ils sont aussi eurosceptiques ou anti-européens, et marqués par un anticapitalisme autoritaire : contre le chaos du marché, il impose une main autoritaire.
     
     
    En Hongrie et en Pologne : les partis extrême vont faire pression contre les partis conservateurs, pour les amener vers des conservatismes extrêmes, exacerbés.
    A la question de savoir comment les attentes sociales légitimes d'un peuple peuvent se traduisent par la xénophobie ? 
    Il répond par la présence d'un égoïsme social que cultive les extrémistes populistes : comme une traduciton de l’égoïsme social néo-libéral mais cette fois dans les couches populaires. 
     
    Le cas de la Grèce est évoqué par Georges Tassiopoulos

    Selon les derniers sondages : L’Aube dorée est le troisième parti politique grec et rassemble 8% d’intentions de vote.

    Il tient à nuancer ces résultats puisque qu’en juin 2013, le parti recueillait 13,4% d’intentions de vote

    Mais explique que de nombreuses conditions psychologiques, sociales, mais aussi économiques (un parti qui nourrit le sentiment de complot, de nombreuses affaires de corruption, une austérité qui prive les grecs à des sacrifices sans précédents) sont réunies pour favoriser la montée des populismes.

    >> Télécharger l'intégralité du discours de Georges Tassiopoulos 

    - 17h - Intervention d'Harlem Désir

    Il débute son propos en affirmant que c’est le devoir de la gauche en France et des progressistes en Europe que d’analyser ce phénomène de la montée des populismes pour mieux le comprendre et mieux le combattre. 

    Ce phénomène est au coeur de la crise europénne et ce,  à double titre  : le populisme se nourrit des échecs, des insatisfactions de l’Europe en matière sociales, démocratiques mais parce qu’il est lui même un facteur d’aggravation de la crise européenne en dressant les peuples contre l’Europe. 
     
    Il ajoute que le populisme met en danger l’idée européenne elle même: «C’est l’idée d’une amitié entre les peuples qui est attaquée à travers cette montée du populisme»
    C’est donc un devoir pour nous de comprendre et combattre ce phénomène dans la diversité de ses formes car c’est l’avenir de l’Europe qui est en jeu et qui sera en jeu lors des prochaines élections euro durant lesquelles nouss devrons affronter les droites conservatirces, mais aussi les populistes, les nationalisates, les xénophobes, qui veulent entrer en force au Parlement européen pour mettre en cause la construction de l’Europe.

    Le Premier secrétaire rappelle que ce populisme prend plusieurs formes en Europe et il faut en analyse les développements : «C’est d’abord les regains de l’extreme-droite traditionnelle qui essaie de se donner un nouveau visage : celui de la respectabilité, et les dirigeants, tt en etant anti système, cherchent à avoir le pouvoi»r. 
    Il y a aussi des mouvements , des partis populistes qui ne sont pas directement identifiés à l’extrême-droite même s’ils en reprennent certaines idées comme le mouvement de Beppe Grillo en Italie. 
    Il existe aussi des partis, sorte de nouvelle droite, qui brouillent les frontières classiques entre la droite classique et l’extrême- droite : comme l’UDC suisse, ou le parti de la liberté aux Pays-Bas. Il ne sont pas considérés comme des partis d’extrême-droite classique et sont rentrés en force au parlement parfois. 
     
    Il déplore que la droite cède chaque jour davantage aux sirèrene du populisme et affirme avec force la tâche des progressistes :
    C’est aux progressistes d’apporter des solutions pour que les peuples cessent de se replier sur eux mêmes 
     
    Il invite à un discours de vérité à destination des européens : «ils se font berner par ceux qui prétendent qu’il suffit de fermer les frontières pour sauver des emplois. Il faut avoir le courage de dire la vérité et le courage  des réformes, comme celles que nous avons engagées»
     
    Il rappelle que chaque jour, les socialistes agissent pour montrer que l'ont peut défendre la situation de ceux qui sont victimes de la crise.
    Et que faire reculer les fractures sociales c'est se battre concrètement contre les extrémismes, et se battre sur des valeurs; Celles des progressistes sont l'égalité et le vivre ensemble, au coeur de la construction européenne .
    H.Désir redit le devoir des socialistes et progressistes : «montrer que nous pouvons changer l'Europe maintenant en lui donnant une nouvelle orientation et qu'il existe une alternative à la politique de José Manuel Baroso»

    - 17h25 - Michel Wieviorka
     
    Le sociologue aborde la nécessité de mettre à jour les contradictions du FN : un parti sulfureux, qui se veut respectable et parti populiste qui se traduit par sa capacité à ne pas s'embarrasser des ces propres contradictions.
    Il affirme que le Front national relève de l'extreme droite, il veut être respectable mais il est bercé par le populisme depuis 1972.
     
    Retrouvez les photos du colloque :