Jeudi 26 Août 2010 à 15:56
Un bouclier rural pour l'égalité entre les territoires

Un bouclier rural pour l'égalité entre les territoires
Note issue des travaux du Laboratoire des idées de la Nièvre, avec le concours de militants et d'élus de plusieurs départements ruraux
La question territoriale est certainement au cœur de toute reconquête politique durable pour le Parti Socialiste. C’est la mesure de notre capacité à percevoir la nouvelle France, façonnée depuis les années 80 par les mutations économiques profondes de la mondialisation néolibérale. Une France en manque de repères, mais pourtant créative. Une France qui semble hésiter entre le « vivre mieux ensemble » et l’impasse individualiste. C’est toute l’épaisseur territoriale et sociale de notre pays que le PS doit retrouver. Au moment où le Parti Socialiste affirme la vision d’une nouvelle société urbaine, il est indispensable qu’il s’empare également de la nécessité d’une ruralité moderne.
La France rurale représente près de 20% de la population. Plus âgée, plus pauvre, plus ouvrière, cette France périphérique et populaire mérite toute notre attention. Depuis quelques années et sans faire de bruit, l’exode rural est devenu exode urbain, la population rurale augmente même si tous ceux qui s’installent à la campagne ne le choisissent pas nécessairement.
Or l’Etat a choisi de l’oublier. Il y a fermé les écoles de village, les hôpitaux et les maternités de proximité, les bureaux de poste et d’autres services publics (énergie, téléphonie…). Le monde rural est désormais considéré comme une terre de relégation. La fracture sociale s’est doublée d’une fracture territoriale !
Le tableau est noir, on le connait, si tant est qu’on veuille le voir. Il est bon de le rappeler et en même temps, il faut porter un regard positif et mener une action politique pleine de dynamisme. Si on peut avoir le pessimisme de la raison, il faut, plus que tout, avoir l’optimisme de la volonté !
Qui sait que 10 millions de citadins ont un projet de vie à la campagne ? Comment ignorer que partout les élus et les acteurs locaux se battent pour permettre à chacun d’y travailler et d’y vivre mieux ? A maints égards, la ruralité a endossée une nouvelle forme de modernité : nouvelles technologies, environnement préservé, qualité des relations humaines, commerces de proximité… Chaque jour, on y invente des solutions à des questions très concrètes de la vie quotidienne. Tout cela rend possible une contribution de la ruralité à un nouveau modèle de vivre ensemble qui promeut « la ré-humanisation des villes et la revitalisation des campagnes », comme le propose Edgar Morin.
C’est pourquoi, nous voulons un bouclier rural, car nous vivons dans des territoires de résistance, qui ont subi les premiers et de plein fouet la politique de Nicolas Sarkozy. C’est aujourd’hui le moyen de rétablir le principe républicain d’égalité entre les citoyens où qu’ils habitent sur notre territoire national.
Un bouclier pour se protéger, pour retisser des liens entre les habitants des campagnes, mais aussi entre les villes et les campagnes.
Un bouclier pour faire France, car on ne peut accepter la brisure entre un archipel métropolitain aspiré par le turbo-capitalisme et un arrière-pays rural condamné à la marginalité sociale.
Un bouclier aussi pour relever la tête et montrer, par des résultats concrets, qu’un autre modèle de vie est possible et que cette alternative peut justement venir des campagnes. Nous militons pour une République respectueuse de tous ses territoires.
Pour que nos campagnes vivent, notre bouclier rural doit être un arsenal de mesures concrètes qui rétablissent l’égalité, tout en prenant en compte les spécificités de la vie à la campagne. Refusant les recettes cosmétiques, nous appelons donc à écrire une loi de la République qui s’impose à l’Etat et aux personnes morales en charge de politiques publiques. Nos propositions sont sur la table, elles ne demandent qu’à être précisées, amendées ou complétées.
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