Autriche : le Parti socialiste condamne la coalition gouvernementale droite extrême-droite

16 décembre 2017

Après de longues négociations, le leader conservateur Sebastian Kurz a formé un gouvernement avec le parti d’extrême droite, le FPÖ. Depuis que l’Autriche a rejoint l’Union européenne, c’est la deuxième fois qu’un parti membre du PPE s’allie avec l’extrême-droite. Après la Hongrie et la Pologne, voici l’Autriche sombrer du côté du nationalisme à quelques mois de sa présidence du Conseil européen, à partir de juillet prochain.

Alors que l’élection présidentielle avait vu le candidat d’extrême-droite se qualifier pour le second tour, les législatives de l’automne ont créé les conditions d’un retour de l’extrême-droite dans une coalition gouvernementale. Cette situation est d’autant plus inquiétante que cette dernière obtient les ministères de la Défense et de l’Intérieur, en plus d’un contrôle sur les services secrets. On peut notamment craindre que la question des migrants ne devienne la cible de prédilection de ce gouvernement rétrograde.

En 1999-2000, la constitution d’une première coalition avec l’extrême droite en Autriche avait vu des dirigeants européens mettre le pays à l’écart, sans que ces mesures ne soient vraiment efficaces. D’évidence, les membres de l’Union européenne ne sauraient aujourd’hui faire l’économie d’une réaction forte, individuelle et collective, tant l’indifférence conduirait à la banalisation et la banalisation à tous les maux que nous n’avons déjà que trop subis sur le vieux continent.

Le Parti socialiste a toujours combattu l’extrême-droite, sous toutes ses formes et il a toujours condamné les alliances entre des partis démocratiques et les héritiers de l’idéologie mortifère. C’est pourquoi, dans un moment de crise démocratique sans précédent pour le modèle européen, les socialistes persistent et signent : combattre l’extrême-droite partout, ne pas détourner le regard, condamner toutes les alliances. Il est urgent de réinventer le projet européen, celui de l’humanisme, de la démocratie et de la solidarité, seule digue contre la vague des populismes.