7 novembre, 16h34.

7 novembre, 16h34.

D’après Eurostat, depuis le 7 novembre 2016 à 16h34, les femmes travaillent « bénévolement » jusqu’à la fin de l’année. La raison ? Elles sont payées 15,1% de moins que les hommes à équivalent temps plein, ce qui correspond à 38,2 jours de salaire en moins.

Plusieurs facteurs expliquent ces inégalités. Les temps partiels contraints, occupés en  majorité par les femmes. Certains métiers peu ou mal rémunérés, dans lesquels elles sont surreprésentées. Le fameux plafond de verre, qui s’accroît avec l’évolution des carrières, et notamment après un congé maternité. A l’arrivée d’un enfant, une femme sur deux diminue ou arrête son activité professionnelle. Les mères sont nombreuses à se voir refuser une promotion. De telles inégalités, révoltantes et intolérables, appellent un combat majeur.Un combat de civilisation. C’est depuis longtemps un combat de la gauche.

Depuis 2012, le gouvernement et la majorité n’ont eu de cesse de le porter. La grande loi sur l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, adoptée en août 2014, a précisément pour objectif de lutter contre les inégalités salariales et professionnelles en accroissant le niveau d’emploi des femmes et en s’engageant à promouvoir les femmes à tous les niveaux de responsabilité. L’égalité professionnelle est favorisée par des mesures comme l’interdiction d’accès aux marchés publics pour les entreprises de plus de 50 salarié-e-s qui ne respectent pas la loi sur l’égalité professionnelle.  Elle a déjà fait preuve de son efficacité : en quatre ans, 97 d’entre elles ont été sanctionnées,  2000 sociétés ont été mises en demeure, tandis que 11000 accords et plans d’action sur l’égalité ont été déposés. La loi porte ses fruits.

Ce combat, nous l’avons aussi inscrit au coeur de nos politiques de l’emploi : pour éviter la surreprésentation des femmes dans les emplois précaires et pour faire reculer le « petit temps partiel » dont les femmes sont les première victimes, nous avons fait de la mixité dans les emplois et les formations un objectif plein et entier, dans les emplois d’avenir, les contrats de génération ou la sécurisation de l’emploi. Une négociation sur « l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes et la qualité de vie au travail » est également prévue dans la loi. Pour mieux favoriser l’insertion des femmes en entreprise, le ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes a mis en place début octobre un plan interministériel pour lutter contre les écarts de salaires, pénaliser financièrement les administrations ne respectant pas les règles de nomination paritaire, mais aussi créer un « label Egalité professionnelle entre les femmes et les hommes » dans le but de valoriser « les bonnes pratiques », ainsi qu’un observatoire de l’entrepreneuriat féminin. Ce plan souhaite notamment augmenter d’ici 2025 de 12% à 33%  la représentation des sexes dans des métiers encore trop considérés comme genrés.

Ce combat n’est pas achevé. En appelant, à raison, les femmes à cesser le travail à 16h34, des organisations féministes ont montré qu’il restait encore beaucoup à faire pour l’égalité entre les femmes et les hommes. A l’heure où la droite choisit son candidat mais ne consacre pas une ligne dans son projet à ce combat, les socialistes réaffirment aujourd’hui leur engagement dans cette lutte, pour aujourd’hui, et pour demain.