Apprentissage : le temps des cathédrales

Ce qu’il y a de remarquable avec Les Républicains, c’est leur capacité à faire du vieux avec du vieux ! En matière d’apprentissage, on sait toujours comment revenir en arrière.

Que nous propose Christian Estrosi dans sa proposition de loi ? Abaisser l’âge d’entrée en apprentissage à 14 ans. Comme M. Nicolas Sarkozy a lui-même abrogé le dispositif d' »Apprentissage junior » (à 14 ans) en 2007, il ne reste plus que Christian Estrosi et Marine Le Pen pour y croire. Dont acte !

Que ça ne marche pas et que les entreprises n’y soient pas favorables, peu importe !

Le travail à 14 ans n’est pas l’avenir et protéger les mineurs est notre devoir. Les Socialistes le font en garantissant aux apprentis une formation de qualité et la sécurité au travail. S’agissant de la simplification administrative, c’est encore les socialistes, au printemps dernier, qui ont assoupli la réglementation, et cela a même été salué par les organisations patronales. Que ne l’aviez-vous fait du temps de Mme Nadine Morano ?

Autre idée de Christian Estrosi, élargir l’assiette de la Taxe d’Apprentissage aux écoles d’entreprises. Soyons sérieux, la Taxe d’Apprentissage ne doit pas être détournée de son objet qui est le financement des Centres de Formation d’Apprentis. Garantir à l’Apprentissage son financement est notre objectif. La réforme du financement de l’apprentissage, engagée par le Gouvernement, a permis plus d’équité et de transparence, alors ne revenons pas en arrière !

Le maire de Nice indiquait récemment qu’il voulait faire de l’apprentissage un « sujet majeur (…) au cœur de cette campagne électorale », à tout le moins le sujet n’est pas maîtrisé par l’intéressé ! Pôle Emploi et les Régions ont les outils pour rapprocher les offres des demandes des jeunes, les CFA, au cœur de cette relation entre l’école et l’entreprise, sont aussi des facilitateurs de contacts. Christian Estrosi, allez donc visiter un CFA vous verrez l’attachement à trouver des entreprises pour les jeunes.

Et pour finir nous apprenons que Christian Estrosi prévoit de placer les lycées professionnels sous la tutelle des Conseils régionaux pour améliorer le pilotage de la formation professionnelle initiale. L’objectif étant, nous dit-on, de fusionner ces établissements avec les CFA. Les Régions établissent la carte des formations sur leur territoire avec l’ensemble des acteurs de l’éducation et n’ont donc pas besoin d’une loi pour faire ce qu’elles font déjà. Encore un signe d’une profonde méconnaissance du sujet.

Quant à l’idée de fusionner ces voies de formation, elle n’a pas de sens, les lycées professionnels et CFA participent ensemble aux objectifs éducatifs de la Nation. L’offre de formation doit être plurielle, complémentaire, en offrant le choix aux jeunes, aux familles et aux entreprises.

Que cesse donc ce besoin systématique d’opposer les systèmes, recherchons, en formation comme sur tant d’autres sujets, à progresser et à nous adapter au monde de demain et non à revenir sur un passé qui n’a plus cours.