Casques blancs : de la nécessité de protéger les acteurs de paix

En 2013, un consultant britannique travaillant auprès de l’opposition syrienne, crée, avec le soutien d’une ONG turque, Akut, une organisation humanitaire appelée la Défense civile syrienne. Spécialisée dans la recherche de victimes et des premiers secours, cette organisation forme à ses débuts une vingtaine de volontaires syriens. Aujourd’hui, ceux que l’on appelle les Casques blancs sont près de 3000. 3000 à porter secours et aide médicale aux victimes du conflit syrien. Non armés, ayant fait vœu de neutralité, ils auraient sauvé près de 62.000 personnes.

Bien qu’ils n’aient pas reçu le prix Nobel de la paix ce vendredi 7 octobre, il convient néanmoins d’en saluer la bravoure et l’humanité. Cibles régulières et privilégiées des frappes russes et syriennes, ces soldats de la paix peinent aujourd’hui à travailler. Leur rendre hommage c’est aussi rendre hommage à l’ensemble du personnel humanitaire, qui, présent en Syrie, au Yémen et sur d’autres zones de conflit, voit son action considérablement entravée et sa propre vie menacée. Face aux bombardements d’hôpitaux et aux autres actes lâches et odieux commis contre ces acteurs de la paix, il convient pour les Etats de déployer une protection accrue à ce personnel et, sur la base de la résolution adoptée par le conseil de sécurité des Nations le 3 mai 2016 sur la protection des personnels de santé et plus globalement du droit international humanitaire, veiller à traduire devant la justice internationale les auteurs des actes lâches et odieux.