Crise de l’élevage : répondre à l’urgence tout en préparant l’avenir

La crise très profonde traversée par l’élevage, laquelle touche à la fois la production du lait, de la viande bovine et des porcs, nécessite de mettre en place une politique de long terme. Car de nombreuses crises se sont succédées ces dix dernières années, sans que les réponses structurelles indispensables aient été apportées. C’est ce que le ministre de l’Agriculture a rappelé hier après-midi à l’Assemblée nationale en soulignant le travail effectué en ce sens depuis 2012, mais sans bien sûr remettre en cause les mesures d’urgence à mettre en œuvre dans l’immédiat pour aider les exploitants en détresse. Le Parti socialiste partage cette vision alliant immédiateté pour répondre à la détresse et long terme pour assurer l’avenir. Il réitère son soutien aux agriculteurs et à l’agriculture de notre pays.

Saturation des marchés, disparition des outils de régulation à l’échelle européenne, manque d’organisation des filières au niveau national, défaut de valorisation des productions sont autant d’éléments qui ont conduit à ces crises. Une partie de la réponse se situe donc au niveau européen et mondial, notamment pour la production laitière, et Stéphane Le Foll s’emploie à obtenir des réponses de l’Europe. Mais il s’efforce également d’agir au niveau national.

Les mesures prises pour parer à l’urgence sont conséquentes en termes de trésorerie : allégement des charges des éleveurs les plus fragilisés, restructuration des dettes, baisse pérenne des cotisations, etc. La mise en place des cellules d’urgence au niveau de chaque préfecture s’est faite bien en amont des manifestations, dès le mois de février. Ce sont 20 000 exploitations en très grandes difficultés qui devraient y trouver de l’aide.

La France n’a donc pas attendu la crise pour agir. Si le budget européen a baissé de 12 % sur l’ensemble de l’Union, il n’a, s’agissant de la politique agricole commune (PAC), diminué en France que de 2 %, grâce à l’action du  Président de la République et à celle du Gouvernement. Pour mémoire, les dernières discussions du gouvernement précédent laissaient présager une baisse de 30 % du budget européen. Surprime aux 52 premiers hectares, réorientation d’une partie des aides vers l’élevage, loi d’avenir incitant les exploitations à plus d’autonomie, soutien aux investissements dans les secteurs agricoles et agroalimentaires… nombreuses ont été les mesures prises pour valoriser notre agriculture.

Certaines organisations, à l’exemple de la FNSEA, dénoncent une soi-disant sur-transposition des mesures environnementales de l’Europe à la France. Il n’en est rien. Il n’en demeure pas moins que le développement d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement est aussi une question économique et un enjeu d’avenir. Sortir de la logique de la norme pour entrer dans celle des objectifs, s’engager sur une logique de contrat de double performance économique et environnementale en laissant aux agriculteurs les moyens de faire des choix stratégiques, c’est la ligne politique du ministre de l’agriculture que nous soutenons. Cela se traduit en particulier dans la loi d’avenir avec les groupements d’intérêt économique et environnemental (GIEE).
Comme les GAEC (4 700 agréés à ce jour) et les CUMA, ces GIEE permettent en effet une stratégie collective de mutualisation et de partage du capital contribuant à renforcer la compétitivité de notre agriculture. Ces formes d’organisation contribuent aussi à faciliter les nouvelles installations et à renouveler les générations. De même, le développement de l’autonomie fourragère ou des productions de légumineuses aide les éleveurs à ne pas être dépendants d’importations coûteuses. Ce sont là des choix stratégiques fondés sur l’idée que la compétitivité prix n’est qu’un élément de la compétitivité globale.

Le parti pris du libéralisme, qui consiste à aller vers le prix le plus bas quelles que soient les conséquences sociales et environnementales, conduirait à terme à condamner notre agriculture et nos éleveurs. L’organisation des filières dans la solidarité est primordiale. Le partage de la valeur ajoutée entre chaque partie constitue un élément de stabilité essentiel.

La valorisation des productions françaises (logo « Viandes de France »), la promotion des circuits courts dans la restauration collective, sont des débouchés d’autant plus intéressants qu’ils permettent de limiter les déplacements, de créer de l’emploi et d’assurer la traçabilité des produits pour le marché intérieur. Cela répond aux attentes des consommateurs français qui souhaitent plus de qualité et de respect environnemental.

Les orientations choisies pour permettre aux différents secteurs de l’élevage de sortir des difficultés doivent s’inscrire en cette année de la COP 21 dans une vision de l’agriculture du 21ème siècle. C’est la voie de l’agro-écologie ouverte par Stéphane Le Foll, qui a l’entier soutien du Parti socialiste.