La droite, une certaine vision de l’environnement

La droite, une certaine vision de l’environnement

Non content de se revendiquer comme le « parti du gaz de schiste et des OGM » (dixit Luc Chatel), le parti « Les Républicains » n’a visiblement pas fini de présenter une vision du monde et des choix de sociétés toujours plus régressifs. Chaque semaine qui passe est ainsi l’occasion pour la droite de montrer toute son incompétence sur les questions environnementales, avec un mot d’ordre : plus c’est gros, plus ça passe. La palme revient à Nicolas Sarkozy, qui avec sa sortie climato-sceptique a réussi à faire l’unanimité contre lui. En minimisant le rôle de l’homme dans le réchauffement de la planète, l’ancien président de la République fait d’une pierre deux coups. D’une part il fait preuve d’une constance de girouette, lui qui revendique la paternité du Grenelle de l’environnement et se satisfaisait il y a peu de grands discours sur l’imminence et l’ampleur du danger climatique. D’autre part, il se ridiculise devant une communauté scientifique internationale qui n’en finit plus de confirmer et préciser année après année la responsabilité humaine de ce dérèglement et  ses conséquences à venir.

Peu importe, Nicolas Sarkozy préfère mettre la tête sous le sable et blâmer l’évolution de la démographie mondiale. Or transformer la question climatique en problème démographique, c’est d’abord désigner un bouc-émissaire bien utile pour s’exonérer de ses responsabilités. On a hâte déjà de voir Nicolas Sarkozy aller ordonner au premier ministre Indien et au chef de l’Etat Nigérian d’imposer un contrôle des naissances dans leurs pays. Transformer la question climatique en problème démographique, c’est aussi une manière d’annoncer dès aujourd’hui un message limpide : il ne faut s’attendre à aucune mesure pro-active pour lutter contre le réchauffement de la planète si Nicolas Sarkozy est élu président de la République.

Mais parce que l’incompétence et l’irresponsabilité ne sauraient suffire, la droite y ajoute le mépris et l’ignorance.

C’est ici au tour du successeur de Nicolas Sarkozy à la tête du parti Les Républicains, Laurent Wauquiez, de s’illustrer. Pour justifier la suppression de subventions destinées aux associations de protection de l’environnement et de l’agriculture paysanne et biologique, il a déclaré que la préservation de la biodiversité était mieux assurée par les chasseurs que par les « bobos des villes ». Encore et toujours, c’est la bonne vieille ficelle des grands méchants « bobos » responsables de tous les maux qui est utilisée. Cette ficelle est d’autant plus pratique qu’elle évite d’avoir à avancer quelque chose qui ressemblerait à un argument. Et pour cause, Laurent Wauquiez se trouverait alors bien démuni. Les associations de protection de l’environnement effectuent en effet un travail d’alerte, de sensibilisation, d’information et de contrôle extrêmement précieux pour les autorités publiques. C’est cet indispensable travail de l’ombre qui est aujourd’hui sacrifié sur l’autel du clientélisme électoral.