Francophonie : après le discours d’Emmanuel Macron, analyse et propositions du Parti socialiste

Le 21 mars 2018,

Le 20 mars 2018, à l’occasion de la journée internationale de la Francophonie, le président de la République E. Macron a tenu un discours qui avait pour ambition de lancer une stratégie internationale pour la langue française et le plurilinguisme.

Pourtant, le Parti socialiste constate que le gouvernement est le premier depuis plus de 30 ans à n’avoir pas dédié un portefeuille ministériel à la francophonie, qu’en même temps il diminue drastiquement les dotations de l’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger (AEFE) ainsi que le nombre de postes mis à disposition des réseaux éducatifs et culturels, que l’on assiste à des grèves inédites d’enseignants français à l’étranger qui dénoncent la détérioration de leurs conditions de travail, que dans le monde entier près de 12 000 pétitionnaires se mobilisent pour la défense des lycées français…

En même temps, le président de la République annonce son intention de doubler le nombre d’élèves dans le réseau d’enseignement du français à l’étranger qui comprend près de 500 établissements.

Le Parti socialiste regrette cette nouvelle tentative d’effets d’annonce grandiloquents déconnectés de la réalité sur le terrain, alors même que son gouvernement contribue largement à fragiliser les outils de la francophonie que sont les établissements d’enseignement, les Instituts français, les Alliances françaises. Dans ce contexte, la volonté présidentielle d’ouvrir dix Alliances françaises à partir de 2019 ne trompe personne.

Le Parti socialiste rappelle que, dans un monde globalisé, la langue française appartient à ses locuteurs, et même si la France joue un rôle important dans sa diffusion, elle n’en est pas la dépositaire.
Pour cette raison, le Parti socialiste demande au président et au gouvernement d’entendre nos propositions pour :

– renforcer les coopérations et mobiliser davantage les diverses institutions (OIF, AUF, CIEP, Institut français, CCI, TV5 Monde, France Médias Monde, etc.) afin de concevoir actions et projets communs;
– clarifier et renforcer le dispositif administratif actuel en lui en donnant les moyens adéquats;
– créer un programme Erasmus francophone ouvert aux étudiants des pays proposant un enseignement en français ;
– créer un ministère délégué à la Francophonie auprès du Premier ministre.