Hongrie : la victoire d’Orbán est un pas de trop pour les populistes, un pas de moins pour les démocrates

le 11 avril 2018,

Le Parti socialiste se désole de la victoire de la droite europhobe hongroise aux élections législatives du 8 avril dernier.

 

Forte du soutien du Parti populaire européen, auquel appartiennent aussi Les Républicains, elle l’emporte avec une majorité suffisante pour changer la Constitution, ce qu’elle avait déjà fait avec la réforme de la loi électorale pour tailler un système sur mesure pour Orbán et installer un véritable État Fidesz.


Depuis qu’il est au pouvoir, et plus encore depuis qu’il dispose des deux tiers des députés, Orbán détruit méthodiquement les piliers de la démocratie et de l’État de droit par un contrôle sur les médias, la société civile, la séparation des pouvoirs, la tentative de criminalisation du Parti socialiste hongrois (MSzP)…


Le mur contre les réfugiés qu’il a voulu bâtir est aussi un mur contre la démocratie, l’Europe et les droits fondamentaux. Par ses discours nationalistes et racistes, le leader hongrois s’en prend aussi bien aux musulmans qu’aux Roms…

 

Le Fidesz forme avec l’extrême droite, le Jobbik, un ensemble réactionnaire dont l’existence ne choque même pas la droite européenne – Monsieur Orbán siège dans le même parti que Laurent Wauquiez, Jean-Claude Juncker, le chancelier autrichien et la chancelière allemande. Il a d’ailleurs reçu le soutien de la droite française, du gouvernement ultraconservateur polonais et de Vladimir Poutine.

 

L’ensemble des États membres, à commencer par la France, n’ont rien trouvé à redire à l’avènement d’une coalition « droite – extrême droite » au pouvoir en Autriche ou encore en Bulgarie. Ce silence est coupable.

 

On peut sillonner la France en marchant pour l’Europe, mais notre Europe, c’est celle de l’État de droit et des droits fondamentaux. La patrie des droits de l’homme ne doit pas rester muette.

Il faut aider la gauche hongroise et l’ensemble des démocrates à se rassembler pour offrir un autre avenir à leur pays, cette Hongrie qui ouvrit la première brèche dans le rideau de fer, et ce en construisant une alternative à l’État Fidesz. Mais il faut également contrer « l’orbanisation » de la droite européenne en renforçant la gauche en Europe.