Leïla Slimani désignée représentante personnelle du Président pour la francophonie : au delà de l’effet d’annonce, quels moyens pour la francophonie ?

Ce lundi 6 novembre, Emmanuel Macron, a officiellement fait l’écrivaine franco-marocaine Leïla Slimani sa représentante personnelle pour la francophonie.

Fidèle à lui-même, le président a soigné son annonce. Alertant la presse et les photographes, il a ainsi choisi de promouvoir, le jour du prix Goncourt, celle qui en avait été la lauréate l’année dernière. Après l’attribution au présentateur Stéphane Bern d’une mission sur la préservation du patrimoine, le Président Macron opte pour une nomination plus médiatique que politique – et probablement tardive.

Le Président n’avait jusque-là pas montré un intérêt marqué pour le sujet francophone, ni durant sa campagne, ni depuis son arrivée au pouvoir. Aucun portefeuille ne lui avait été consacré quand depuis près de trente ans, celui-ci revient généralement à un ministre ou à un secrétaire d’Etat, sous la tutelle du ministère des Affaires étrangères – avec une exception, de 1993 à 1995, lorsque Jacques Toubon dirigeait un ministère de plein droit.

Emmanuel Macron montre sa volonté de s’affranchir des traditions mais révèle une nouvelle fois une forme de personnalisation du pouvoir. Tout comme Nicolas Sarkozy, qui en 2010, avait chargé Jean-Pierre Raffarin d’être son « sherpa personnel » sur la francophonie.

Leïla Slimani devra « porter au plus haut le rayonnement et la promotion de la langue française et du plurilinguisme, ainsi que des valeurs que les membres de la francophonie ont en partage ». A priori, une belle mission donc pour l’écrivaine. Face à de multiples défis, sécuritaires, écologiques, économiques, il y a effectivement un intérêt collectif à bâtir une voix et un projet francophones.

Mais au-delà du simple effet d’annonce et dans la perspective de la présentation d’un plan global d’ici le premier semestre 2018, le Parti socialiste pose sur la table la question des moyens. Alors qu’une partie du budget de la ministre de la Culture est dédiée à la promotion des œuvres et du savoir-faire à l’étranger, de quels outils la nouvelle représentante disposera-t-elle réellement afin de développer cette politique ? Et surtout de quelles  marges d’action effective ?