L’engagement associatif : un exemple à suivre

Les associations sont par essence les structures ou l’on peut le mieux apprécier l’évolution de l’engagement.

·      En effet on compte en France plus d’un 1,3 millions d’associations.

·      Les associations comptent environ 16 millions de bénévoles.

·      Enfin elles représentent une grande diversité (leur histoire, leur longévité, leurs bénévoles, leurs adhérents)

Les associations sont donc un excellent laboratoire pour décrypter les évolutions de l’engagement même si tout ne se concentre pas dans le secteur comme nous le verrons plus tard.

Ce que l’on constate partout dans la société c’est que les formes d’engagement évoluent

L’engagement n’est plus le seul fait des bénévoles, il peut être celui des jeunes engagés (service civique), des volontaires (volontariat international) et même des salariés qui ont fait le choix d’une association plutôt que du secteur publique ou privé mais encore le fruit de simples citoyens qui décident de prendre en main un problème ou une cause qui n’est réglé par personne d’autre.

L’engagement n’est plus au service d’une idéologie, le militant historique qui sacrifiait sa vie à « la cause » a disparu, aujourd’hui un bénévole peut rechercher un intérêt très personnel dans une association (faire garder son enfant dans une crèche associative), une expérience collective, se reconnaître dans une cause qui le touche personnellement, une valorisation et une reconnaissance de ses compétences, mener des actions pour vivre mieux.

L’engagement n’est plus un sacerdoce, les formes et les temporalités sont plus flexibles, on constate que les bénévoles s’investissent moins longtemps dans les actions collectives ou par épisodes lorsqu’ils se sentent concerner par un sujet.

Les mobilisations se transforment via les réseaux sociaux (flashmob, Occupy Wall Street,…) – une génération connectée arrive dans les associations et vit déjà la vie en réseau au quotidien. Elles peuvent être minuscules ou être mondialisées. Les citoyens disposent désormais des outils qui leur permettent d’ajuster au mieux les mots d’ordre.

Les mobilisations sont plus souples, moins formelles, elles s’organisent autour de mots d’ordre précis, d’actions ciblées. Elles sont plus autonomes, plus locales, plus informelles et sont organisées de façon pragmatique autour d’objectifs limités.

La fidélité n’est plus obligatoire, on peut être membre de plusieurs associations, les quitter, y revenir, les faire travailler ensemble sur des projets.

Le rapport aux institutions évolue Nous constatons depuis maintenant près de 20 ans que nous vivons une grave crise de légitimité des politiques. Celle-ci se manifeste par une défiance grandissante que rien ne semble pouvoir arrêter. Les électeurs reprochent aux politiques d’être des élites coupées des réalités et davantage à l’écoute des lobbys  économiques que de leurs concitoyens. Au-delà du désenchantement vis-à-vis du personnel politique ce phénomène traduit aussi une désillusion vis-à-vis de la « res-publica »

Paradoxalement, cette déception et ce désamour va de paire avec une exigence forte de plus de citoyenneté. Les moyens de communication liés aux NTIC se font d’ailleurs l’écho de cette exigence forte.

Cette volonté de ne pas laisser les élites politico-économiques décider seules s’affirme aussi par au travers d’opérations organisées par la société civiles, comme la votation citoyenne  qui en 2009 a réuni plus de 2,2 millions de personnes contre le changement de statut de la Poste. Le parti Socialiste d’ailleurs s’associa à cette initiative et ne tenta pas de récupérer à son propre profit cette initiative partie du terrain.

La génération du faire : la réunionite, les discours,… autant de procédés qui épuisent les bénévoles qui pendant leur engagement ont envie d’être utile, de faire des choses concrètes avec un rendement rapide. Ces citoyens n’envisagent pas non plus de changer le monde, ils préfèrent changer concrètement leur environnement immédiat. Ils se tournent vers des solutions à leur portée, ils expérimentent, construisent à proximité un monde plus respectueux de l’homme et de son environnement. Ils sont dans le concret et veulent voir les effets de leurs actions sur leur mode de vie. C’est le cas des AMAP qui se développent sur tout le territoire.

Les citoyens veulent agir dans la cité

Il appartient au Parti socialiste d’imaginer le monde dans 30 ou 40 ans. Il n’est pas possible de mettre sous le tapis ces nouvelles formes de citoyenneté, d’engagement et de mobilisation. Il convient d’être curieux et d’aller voir ailleurs comment fonctionnent d’autres organisations telles que le secteur associatif qui est protéiforme et qui génère de nouveaux modes d’engagement.

La première priorité pour le Parti Socialiste c’est d’examiner ces engagements quels qu’ils soient et de remercier tout ces bénévoles et ces acteurs pour le travail énorme qu’ils fournissent pour faire avancer le monde dans lequel nous vivons.

Ce sont tous des citoyens ordinaires, ils vivent près de chez nous ou à des milliers de kilomètres. Ils appartiennent à tous les milieux sociaux, vous en faites peut être partis !

Mais ces femmes et ces hommes là ou ils sont, ont engagé des révolutions qui font bouger le monde !

Ils développent des projets, des solutions qui ne sont pris en charge par personne d’autre qu’eux-mêmes car jugés peu rentables par les entreprises ou trop couteux par le pouvoir politique. Leurs initiatives répondent cependant aux maux qui touchent notre planète et dont il sera question lors de la COP 21.

Ils s’occupent de l’assainissement dans des villages reculés d’Afghanistan, de la mise en place de circuits courts dans une ville de la grande banlieue parisienne, ils reverdissent des friches industrielles à Détroit, créent ou maintiennent des emplois là ou ils avaient disparu un peu partout sur notre territoire.

Des millions d’êtres humains décident de plus en plus de vivre autrement, de vivre mieux. Ils ont décidé de s’affranchir de la société de consommation et de l’ultralibéralisme afin de s’émanciper.  Ils inventent un monde nouveau, une nouvelle économie, une démocratie qui implique davantage les citoyens.

Ce sont des anonymes qui agissent dans ou en dehors des ONG, des associations et des fondations pour reprendre leurs vies en main.

Ces initiatives montrent que qu’un autre monde est possible, plus juste ! En quelques années, des milliers d’actions se sont multipliées absolument partout sur la planète : des pays les plus pauvres aux plus riches.

Elles restent encore aujourd’hui pour la plupart ignorées des partis politiques.

Il nous faut porter une attention particulière à ceux qui dessinent déjà aujourd’hui le monde demain : ils s’investissent dans des secteurs porteurs d’avenir (le digital, l’économie circulaire, l’écologie,…), ils vivent en réseau et privilégient les modes coopératifs, ils anticipent l’obligation sociale et l’urgence environnementale, ils préparent l’avenir (parfois sans le savoir et  souvent sans cohérence entre eux

Je pense qu’il est temps pour le Parti Socialiste d’en prendre la mesure et d’aller voir ce qui se passe dans ces différents groupes. Non pas pour les récupérer mais au contraire pour qu’ils nous inspirent ! Ce sont des novateurs qui ont décidé de rechercher des systèmes économiques moins agressifs pour les habitants de la terre et leur environnement. Ils essaient là ou ils sont d’inventer un nouveau modèle de société et se mobilisent pour le construire.

Nous constatons depuis maintenant près de 20 ans que nous vivons une grave crise de légitimité des politiques. Celle-ci se manifeste par une défiance grandissante que rien ne semble pouvoir arrêter. Les électeurs reprochent aux politiques d’être des élites coupées des réalités et davantage à l’écoute des lobbys  économiques que de leurs concitoyens. Au-delà du désenchantement vis-à-vis du personnel politique ce phénomène traduit aussi une désillusion vis-à-vis de la « res-publica »

Paradoxalement, cette déception et ce désamour va de paire avec une exigence forte de plus de citoyenneté. Les moyens de communication liés aux NTIC se font d’ailleurs l’écho de cette exigence forte.

Cette volonté de ne pas laisser les élites politico-économiques décider seules s’affirme aussi par au travers d’opérations organisées par la société civile, comme la votation citoyenne  qui en 2009 a réuni plus de 2,2 millions de personnes contre le changement de statut de la Poste. Le parti Socialiste d’ailleurs s’associa à cette initiative et ne tenta pas de récupérer à son propre profit cette initiative partie du terrain.

Le Parti Socialiste et ses élus peuvent difficilement ignorer ce profond besoin de rénovation. Face à cette crise de la représentativité et aux risques qu’elle comporte tels que le populisme et l’extrémisme, il devient impératif d’entendre ces citoyens qui réclament de tenir une place dans la vie publique. Les comités d’initiatives citoyennes  en sont un des moyens. Ils attribuent aux citoyens un droit de regard sur les enjeux collectifs mais ils ouvrent aussi la voie à un contrôle citoyen de l’action politique, en vertu d’un principe essentiel en démocratie, l’obligation de rendre des comptes.

Cette capacité d’innovation et d’engagement de la société civile reste cependant encore largement ignorée par les partis politiques. Car contrairement au militantisme du passé ou aux anciennes utopies, ces initiatives viennent d’individus et de groupe qui vient au cœur même de notre société, dans les classes moyennes et populaires. Elles naissent et évoluent au sein de catégories sociales que l’on pensait acquises à l’ultralibéralisme et au consumérisme mais qui s’en détachent et inventent des formes plus solidaires de travail, de consommation ou de vie sociale.

Nous devons accepter de puiser chez eux pour changer au lieu d’attendre toujours l’inverse.

Et les associations elles mêmes très conscientes de leurs atouts mais aussi de leurs difficultés nous indiquent des pistes que le parti Socialiste doit creuser avec le secteur pour envisager ce que pourrait être le monde associatif dans l’avenir.

C’est ainsi que l’on peut très concrètement réfléchir avec l’ensemble des acteurs à la création de structures d’accueil et d’échange plus souples, un peu à la manière des incubateurs pour les startups.

Réfléchir aux nouvelles sources de financement mais qui ne fasse pas du secteur associatif un secteur de production de services sociaux à moindre coût.

Il nous faut également réfléchir à la qualification des bénévoles et à la valorisation de leurs expériences par des diplômes universitaires ou des équivalences liées à leur expériences de terrain.

Ce ne sont que quelques pistes jetées rapidement sur le papier mais ce sont sur ces pistes que nous devons réfléchir c’est pourquoi j’ai entamé depuis le début de l’année des consultations et des rencontres sur le terrain.

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