Ne sacrifions pas l’université et les étudiants à la rigueur budgétaire

A ce jour, 87 000 bacheliers sont toujours en attente d’une place à l’université. Le portail APB, chargé d’orienter les futurs étudiants fait aujourd’hui l’objet de très vives critiques. Les failles de ce procédé d’admission ne doivent toutefois pas masquer la réalité de la situation dans laquelle se trouve plongé notre système d’enseignement supérieur. La hausse du nombre de bacheliers – liée au boom démographique des années 2000 – et leur souhait accru de poursuivre des études supérieures provoquent la saturation de certaines filières : les STAPS, le droit, la psychologie et les études de santé et de médecine. Depuis deux ans, les facs françaises doivent accueillir chaque année quelque 40 000 étudiants supplémentaires, une hausse qui devrait perdurer jusqu’en 2022.

C’est dans ce contexte que le gouvernement a prévu une annulation de crédits pour la mission recherche et enseignement supérieur (MIRES) de 331 millions d’euros pour l’année 2017. Il s’agit selon le ministère de contribuer à « l’effort de redressement des comptes publics ». Alors que le président de la République promettait il y a encore peu de temps de « sanctuariser » le budget de l’ESR, cette annonce inquiète le Parti socialiste qui craint que cette décision ne dégrade encore les conditions d’accueil des étudiants et ne serve de prétexte au gouvernement pour instaurer la sélection à l’entrée en licence. D’ores et déjà, Frédérique Vidal, Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, a ouvert des discussions sur le « contrat de réussite étudiante » et la notion de « prérequis ».

Le Parti socialiste s’oppose à ce qui s’apparente à un projet de sélection déguisée et rappelle que l’orientation des lycéens suppose avant tout un accompagnement et une information dès la seconde. Il souligne, par ailleurs, l’insuffisance du budget de l’ESR qui empêche les étudiants de s’engager dans les études universitaires de leur choix.