Vous ne pouvez pas aller voter ?
Pensez à faire une demande de procuration
Cliquez ici pour faire votre demande

Situation migratoire à Calais : le PS accueille avec satisfaction la suspension de l’arrêté de la mairie LR entravant la distribution de repas aux migrants.

Le 2 mars dernier, Natacha Bouchart, maire LR de Calais, établissait un premier arrêté municipal interdisant les « occupations abusives et prolongées » de la Zone Industrielle des Dunes. Quoique ne feignant pas de connaître la raison de ces occupations -« aux fins de distribution des repas de migrants »- cet arrêté alléguait qu’elles étaient « de nature à troubler la tranquillité, la sécurité et la salubrité publiques » et sources « de tensions permanentes entre les ethnies en présence », alors même qu’aucun incident de ce type n’a à ce jour été signalé depuis la reprise des distributions en janvier 2017. Le 6 mars, un second arrêté venait étendre le périmètre de l’interdiction au bois Dubrulle et à la place d’Armes, au centre ville.

Se voyant refuser une autorisation de distribution dont la demande était pourtant conforme aux dispositions de ces arrêtés, un collectif d’une dizaine d’associations d’aide aux migrants (parmi lesquelles Utopia 56, l’Auberge des migrants, le Secours Catholique et Help Refugees) portaient recours devant le tribunal administratif de Lille, plaidant à juste titre la « dignité humaine ». Le verdict des juges, tombé le mercredi 22 mars, est sans appel : « la maire de Calais a porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’aller et de venir, à la liberté de réunion » et fait obstacle « à la satisfaction par les migrants de besoins élémentaires vitaux au droit à ne pas subir de traitements inhumains et dégradants ».

Le Parti socialiste salue le volontarisme de ces associations d’aide aux migrants, présentes chaque jour sur le terrain au travers d’actions de solidarité, et se félicite de cette décision qui vient reconnaître le caractère irresponsable et improductif des provocations de Nathalie Bouchart. Il se réjouit du même coup que la maire de Calais reprenne enfin à son compte les propositions du député Yann Capet, seules susceptibles de concilier aujourd’hui respect de la dignité humaine et nécessité d’éviter la survenue de nouveaux points de fixation à Calais. Parmi celles-ci : la création d’un nouveau Centre d’Accueil et d’Orientation hors du Calaisis ou le déploiement d’équipes itinérantes composées de membres de l’OFII, de traducteurs, de bénévoles ou de salariés de la Vie Active, afin d’orienter les migrants vers une solution d’accueil décente et encadrée.

La prise en charge – nécessairement complexe – des migrants souhaitant rester à Calais pour rejoindre l’Angleterre repose davantage sur la pédagogie et l’empathie que les travailleurs associatifs déploient quotidiennement, que sur l’agitation – à visées médiatiques – de certains édiles locaux.