SYRIE: le Parti socialiste exprime sa vive préoccupation après l’invasion d’Afrin par la Turquie

Le 20 mars 2018

À Afrin, le monde assiste à l’occupation par la Turquie d’un territoire de la Syrie contrôlé par le Parti de l’union démocratique et les Unités de protection du peuple depuis 2012. Ces dernières, constituées notamment de Syriens kurdes, intégraient aussi des combattants arabes locaux au sein des Forces démocratiques syriennes, alliées terrestres de la Coalition internationale pour chasser Daech de ses fiefs en Syrie. 

Depuis 2011, le régime syrien instrumentalise la cause kurde pour affaiblir la révolution démocratique syrienne. Cette fois, Damas a autorisé l’armée turque à entrer sur le territoire syrien avec pour objectif de vaincre l’ennemi qu’Ankara estime plus menaçant pour son pouvoir en Turquie que les groupes se réclamant du terrorisme djihadiste. Pour parvenir à ses fins et au nom d’un « combat contre le terrorisme », l’armée turque utilise des supplétifs syriens issus des rangs djihadistes ou de factions de l’ex-Armée syrienne libre détachées de la révolution démocratique initiale.

Le Parti socialiste dénonce l’attitude constante de ces régimes autoritaires qui appliquent un terrorisme d’État pour écraser les aspirations légitimes et universelles à la liberté et à la justice. Ces stratégies meurtrières ne poursuivent qu’une finalité : affaiblir et diviser le camp démocratique et pacifique, réveiller et attiser des méfiances ancestrales, créer des haines durables entre populations syriennes à force d’alliances et de scissions locales.

 

Chaque bataille menée par d’autres pour affaiblir un camp hostile à Bachar el-Assad renforce ailleurs ce dernier dans la reprise d’un territoire. Pendant que la Turquie envahit Afrin et ne compte pas s’arrêter là, les aviations syrienne et russe bombardent la Ghouta orientale. Auparavant, le combat contre Daech aura permis au régime et à ses alliés de reprendre du terrain et de renforcer leurs positions. Pendant ce temps, ce sont des centaines de milliers de civils déplacés de toutes origines qui sont exposés à la mort et à tous les arbitraires possibles. 

Pour que cesse dans nos pays la plupart des actes terroristes, le Parti socialiste souligne le rôle essentiel joué par les Forces démocratiques syriennes qui, sur le terrain, ont permis d’éradiquer le groupe terroriste Daech. Alors qu’Afrin est devenu une catastrophe humanitaire supplémentaire en Syrie, le Parti socialiste demande instamment aux Nations unies et aux organisations régionales d’obtenir que les convois humanitaires parviennent enfin auprès de toutes les populations qui en ont besoin. Alors que la Syrie connaît sa huitième année d’un conflit où crimes de guerre et crimes contre l’humanité se poursuivent impunément, tout a été commis pour engendrer à l’avenir de la violence terroriste.