XVIème Sommet de la Francophonie : prolonger et amplifier la dynamique initiée à Dakar en 2014

Les 26 et 27 novembre 2016, s’est tenu à Antananarivo (Madagascar) le XVIème Sommet de la Francophonie. Deux ans après le Sommet de Dakar, qui avait largement mobilisé et vu l’élection de Michaëlle Jean comme Secrétaire générale pour succéder à l’ancien Président du Sénégal Abdou DIouf, ce XVIè Sommet marque pour l’OIF une nouvelle étape : c’est désormais une femme, ressortissante des Amériques (Haïti et Canada) et non plus d’Afrique, journaliste et femme de médias plus que politique, qui la dirige. Tout au cours de ces deux dernières années, l’Organisation a adapté sa structuration interne à cette nouvelle réalité, parfois avec quelques grincements. Le Sommet d’Antananarivo a certes accueilli moins de chefs d’Etat et de gouvernement que le précédent, mais il a été l’occasion d’affirmer fortement et sur le fond l’orientation de la Francophonie arrêtée à Dakar, en direction des femmes et des jeunes notamment, thèmes repris et déclinés par le Premier ministre canadien Justin Trudeau, le Président nigérien Mahamadou Issoufou et le Président François Hollande. Concernant plus spécifiquement la question des femmes, une résolution a d’ailleurs été adoptée créant au sein de l’OIF une entité pour la promotion de l’égalité femme-homme et les droits et l’autonomisation des femmes et des filles.

Une résolution spécifique a aussi été adoptée concernant les crises dans l’espace francophone. Elle réaffirme les principes fondateurs de l’Organisation, notamment concernant les droits de l’homme et la démocratie. Cette résolution fait le point, pays par pays, sur les avancées comme sur les sujets de préoccupation, au Burundi, à Chypre, en RCA et en RDC comme en République du Congo, mais aussi à Haïti, au Liban, sans oublier la question du Haut-Karabagh, le Mali, la Thaïlande et l’Ukraine. La situation en Mer de Chine méridionale est aussi évoquée. Ce tour du monde précis de la part de l’OIF décrit les efforts réalisés, les difficultés rencontrées et les inquiétudes partagées par les membres. Il est, certes, trop silencieux sur le Gabon, mais il énonce clairement la plupart des défis à relever par l’OIF et, plus globalement, par la communauté internationale.

La lutte contre le terrorisme est un des enjeux majeurs auquel plusieurs Etats membres sont confrontés. Au-délà de la lutte contre le terrorisme proprement dite, et l’organisation de coopérations entre forces armées et de sécurité des différents pays, les Chefs d’Etat et de gouvernement se sont penchés sur la prévention de la radicalisation. Ils ont adopté une résolution sur le sujet, appelant à poursuivre le déploiement de la Stratégie économique pour la Francophonie et la Stratégie jeunesse de la Francophonie, adoptées l’une et l’autre à Dakar en 2014, mais aussi à partager et à diffuser les programmes de dé-radicalisation réalisés par certains Etats membres, enfin à mettre en place un réseau francophone de prévention de la radicalisation.

La « Déclaration d’Antananarivo », déclaration finale du Sommet, reprend tous ces sujets, mais elle s’attache surtout à amplifier et à approfondir l’orientation prise à Dakar concernant la croissance économique et le développement, par la mise en œuvre effective de la Stratégie économique pour la Francophonie, avec un accent particulier mais essentiel concernant les politiques d’innovation et l’économie numérique. Les Chefs d’Etat et de gouvernement réaffirment justement par cette déclaration leur volonté d’augmenter fortement la présence francophone dans l’espace numérique, y compris la publication et l’utilisation libre et gratuite de données ouvertes.

Comme nous l’avons énoncé dans le Cahier de la présidentielle « Donner une force à l’Europe, donner un sens au monde » (juin 2016), le Parti socialiste soutient l’affirmation d’une voix francophone dans le monde. Il entend promouvoir un modèle économique et culturel francophone. Pour ce faire, le renforcement de l’OIF et le développement de ses actions sont essentiels. Le XVIè Sommet de la Francophonie a été, de ce point de vue, une étape positive.

Nous pensons aussi que la France doit s’investir davantage et être plus active dans ce grand chantier, qui est pour elle une opportunité à saisir pour sa prospérité et pour son influence dans le monde demain. Augmenter la présence d’étudiants francophones de tous horizons dans nos universités, faciliter les relations et les contacts avec les entrepreneurs francophones du monde entier pour développer de nouveaux marchés et les emplois ici et là dans l’avenir, favoriser l’émergence et développer des « champions » industriels et commerciaux du monde francophone, autant de projets et d’axes de travail que le Parti socialiste doit porter dans les débats lors des prochaines élections présidentielles et législatives.