Outremers Mardi 6 Mai 2008 à 19:51
10e anniversaire de l’Accord de Nouméa
Il y a dix ans, le 5 mai 1998, Lionel Jospin, Premier ministre et Jean-Jack Queyranne, ministre de l'outre-mer, signaient avec les délégations des deux principales forces politiques de Nouvelle-Calédonie l’Accord de Nouméa. Cet accord faisait suite aux Accords de Matignon signés le 26 juin 1988 par Jean-Marie Tjibaou, Jacques Lafleur et Michel Rocard, qui avaient apporté à la Nouvelle-Calédonie, après le drame d’Ouvéa, qui aurait pu être évité, dix ans de paix. L’Accord de Nouméa n’a pas été le simple prolongement des Accords de Matignon. Par son préambule, par lequel les signataires de l’Accord reconnaissent « les ombres de la période coloniale, même si elle ne fut pas dépourvue de lumière », l’Accord de Nouméa a permis aux Calédoniens de porter, pour la première fois, un regard commun, sans concession mais équilibré, sur cette période de l’histoire de la Nouvelle-Calédonie. Comme ce préambule l’affirme aussi : « il convient d’ouvrir une nouvelle étape, marquée par la pleine reconnaissance de l’identité kanak, préalable à la refondation d’un contrat social entre toutes les communautés qui vivent en Nouvelle-Calédonie, et par un partage de souveraineté avec la France, sur la voie de la pleine souveraineté». Si le développement économique est au cœur de l’Accord de Nouméa, avec notamment le projet d’usine métallurgique du Nord, l’Accord de Nouméa ne se réduit pas, en effet, à l’économie. La Nouvelle-Calédonie ne peut trouver définitivement l’équilibre que dans le respect scrupuleux de toutes les composantes de l’Accord de Nouméa : - la recherche d’une identité commune, autour de la reconnaissance du peuple d’origine, qui doit se traduire par des signes identitaires, tel un drapeau, non pour marquer une rupture avec la France, mais pour illustrer ce qui rassemble les Calédoniens ; - le transfert progressif des compétences non régaliennes, qui est aussi une forme de reconnaissance de l’identité de la Nouvelle-Calédonie et permettra à celle-ci de gérer au mieux ses problèmes spécifiques, dans le maintien de la solidarité de la Nation ; - le rééquilibrage, entre les provinces de la Nouvelle-Calédonie et les communautés qui la composent, qui doit accompagner le développement économique ; il implique un effort vigoureux de réduction des inégalités et une attention soutenue à la préservation de l’environnement exceptionnel de l’archipel ; - le choix, à partir de 2014, des nouvelles relations entre la Nouvelle-Calédonie et la République, qu’il n’est de l’intérêt de personne d’anticiper. Le Parti socialiste prend acte de ce que, au comité des signataires de l’Accord de Nouméa réuni en décembre dernier, le Premier ministre a confirmé l’engagement du Gouvernement dans l’application loyale de l’Accord. Il sera vigilant sur la suite de cette application au moment où il est manifeste qu’une partie de l’UMP en Nouvelle-Calédonie souhaite ouvertement s’affranchir de certaines des dispositions de l’Accord de Nouméa, qui forme pourtant un tout indissociable. Communiqué du Bureau national