Outremers Jeudi 16 Octobre 2008 à 14:50
« Agressions gouvernementales réitérées contre les Outremers» - Point presse de Victorin Lurel, Secrétariat national à l’Outremer
A l’approche de la discussion parlementaire des lois de finances et de financement de la sécurité sociale qui anticipent la mise en œuvre du projet de loi de développement économique de l’outre-mer, cette conférence de presse, est l’occasion de remettre en perspective l’ensemble des mesures gouvernementales contre les outremers et d’évoquer l’actualité législative de ces collectivités. Point presse de Victorin Lurel, Secrétariat national à l’Outremer Je n’avais jamais vu une telle pratique ministérielle et une telle politique à l’encontre des Outremers. On peut être en désaccord, mais il y a la forme et le fond. Quand Christian Paul a quitté ce ministère, le budget était à peu près à hauteur de 2 milliards d’euros (il y a 8 ans). Aujourd’hui, ce sont moins 600 millions. Il y a une régression organisée sous couvert de réformes. Quand le gouvernement avance, un sentiment de stigmatisation existe. Au nom de la réforme, que nous approuvons par endroits, il faut combattre des acquis sans tenir compte de nos économies. Le concept d’autosuffisance est avancé, et il faut trouver en nous-même les ressources, au mépris de la solidarité nationale. Quand nous demandons des explications, on nous taxe d’immobilisme. Par principe, nous devrions être d’accord ! La méthode est faite d’annonces inacceptables pour faire réagir et ensuite mieux prétendre et dire « voyez, vous êtes écoutés. Le dialogue est là ». Quelques exemples : On créé une délégation générale à l’Outremer sans concertation. On démantèle le ministère peu à peu, sans discussion, sous couvert de réformes et l’on porte des coups répétés en revenant sur des engagements, des lois. C’est la remise en cause de dispositifs fiscaux, une politique de l’emploi, notamment avec les contrats aidés, démantelée. Ce que l’on donne d’un côté est repris aussitôt et remet en cause la continuité territoriale, à l’exemple du RSA dont la date d’application sera plus de 1 an et demi plus tard que la métropole. On nous dit plafonnement des niches fiscales. Pourquoi pas, mais c’est la seule ressource qu’il reste aux Outremers pour l’investissement. L’Etat n’est plus là. Il reste l’Europe, mais sur des dossiers fléchés. Les banques ne sont pas tournées vers la prise de risque mais sur l’économie de dépôts. Enfin, institutionnellement, les questions de rédécoupage électoral et la départementalisation de Mayotte pèsent dans contexte de défiance. Intervention de Patrick Lebreton (député de la Réunion) Au cours de la présidentielle, on a entendu « promouvoir l’Outremer ». Cela n’est plus à l’ordre du jour avec le ministre Yves Jego. De nombreuses craintes se nourrissent de la dégradation du pouvoir d’achat, de la mise à l’index des chômeurs, de l’étranglement des économies d’Outremer. L’Etat n’assure plus sa présence de manière différente de la Métropole, ou plutôt quant il le fait c’est avec désinvolture vis-à-vis des ultra-marins, voyez avec l’application du RSA. Carte militaire, carte judiciaire, carte hospitalière, c’est une bérézina en Outremer. Les attaques se multiplient sans tenir compte des différences avec la métropole. Intervention de Louis Joseph Manscour (député de Martinique) L’Outremer, c’est 3 fois plus de chômeurs, de Rmistes et de contrats aidés que la métropole. Mais les réformes avancées par le gouvernement affichent dans les budgets environ 25% de moins de contrats aidés et un RSA à attendre ! Nous sommes face à un gouvernement rétrograde qui attend de l’Outremer qu’elle soit plus autonome économiquement en lui supprimant les moyens d’y parvenir. Il faut y ajouter la suppression de l’indemnité temporaire de retraire (ITR) et la tentative de réforme du régime de retraite des fonctionnaires. A travers le projet de loi de finances, celui de la Sécurité sociale et la loi de programme (LODEOM), les attaques sont nombreuses. >> Télécharger les documents du dossier de presse