Economie, entreprise, industrie Mercredi 4 Avril 2012 à 17:03
« Balardgone » : comment Nicolas Sarkozy fabrique de la dette
Le regroupement des administrations centrales du ministère de la défense à Balard, sous la forme d'un partenariat public-privé de 30 ans, s'effectue dans le cadre d'un contrat d'une immense complexité juridique et financière, dont le coût sera à terme de 4,2 milliards d'euros pour l'Etat. Dans un contexte de forte tension budgétaire, ce montage témoigne de la capacité du gouvernement à fabriquer sans le dire de la dette, en exposant l'Etat à des risques juridiques et financiers majeurs.
Ce projet, piloté au plus haut niveau de l'Etat, continue donc à soulever de sérieuses interrogations.
Le dépôt hier, par la ville de Paris, d'un recours contre l'arrêté de modification du PLU et le permis de construire délivré par l'Etat illustre la fragilité juridique de ce projet. En effet, si l'Etat souhaite imposer brutalement à la ville de Paris la modification de son PLU afin de délivrer le permis de construire, c'est bien que le projet retenu par l'appel d'offre l'a été en contravention avec celui-ci.
Par ailleurs, au-delà de la question de la légalité de l'opération, il est nécessaire de rappeler les réserves soulevées par ce projet quant à son opportunité.
En effet, alors qu'il était censé réduire les coûts de fonctionnement du ministère de la défense, le « Balardgone » fait passer le coût par an et par personne de 13000 à 16500 euros. Et ce dans le cadre d'un contrat très asymétrique qui semble protéger des intérêts privés, bien davantage que ceux du contribuable.
L'ensemble de ces questions nous imposent, dans les meilleurs délais, de soumettre ce contrat à une expertise juridique et financière indépendante et rigoureuse. Il serait dangereux de se lancer dans une telle opération sans que les risques pour l'Etat et le budget du ministère de la défense aient été correctement évalués. Cette évaluation s'impose pour protéger les intérêts de l'Etat.
