Emploi et travail Mardi 2 Juin 2009 à 15:30
Conférence de presse sur le RSA
Gaëtan GORCE, Secrétaire national à l’exclusion Nous avions approuvé et accepté le principe de la mise en place d’un revenu de Solidarité active pour aider les salariés en situation de précarité, mais nous avions apporté des nuances, voire dénoncé des insuffisances par rapport à ce que nous avions remarqué.. Il ne faut pas nous faire prendre des vessies pour des lanternes, le RSA n’est pas une solution miracle face à la pauvreté et à la crise économique et sociale que nous traversons. La généralisation et la mise en place du RSA révèle des défaillances par rapport à l’objectif fixé : ➢ Les moyens alloués pour le RSA sont trop incertains. Etant donné les inégalités territoriales dans ce domaine , les moyens donnés ne sont pas à la hauteur de l’enjeu. Le refus du gouvernement d’obérer le bouclier fiscal pèsera lourd dans le système, ➢ Inégalités sociales ; les jeunes notamment seront les perdants dans cette situation, alors qu’ils sont les premières victimes, Ils sont pourtant mis à l’écart du dispositif, ➢ Il y a enfin un risque de « bug » pour le Pôle emploi. Faute d’avoir mis des moyens suffisants pour ce dispositif, l’affluence des besoins risque de poser problème, ➢Nous constatons également que le RSA risque de se transformer en trappe à pauvreté. Bref, le RSA d’activité risque de passer à pauvreté. L’Etat cherche à se défausser sur les Collectivités territoriales qui n’ont pas les moyens nécessaires pour accompagner les bénéficiaires. La précarité est subventionnée par la collectivité publique, mais il faudrait aujourd’hui s’attaquer à l’exclusion en lien avec les partenaires sociaux pour aider ceux qui en ont besoin à retrouver un emploi stable. Il ne faut pas se cacher derrière l’arbre du RSA mais s’attaquer à la forêt de l’exclusion. L’emploi et le logement sont aussi des leviers fondamentaux pour sortir de la précarité. Ce RSA n’est donc qu’une ligne Maginot sociale : nous ne pouvons donc pas accepter qu’il apparaisse comme une réponse à tous nos problèmes, alors qu’il sera contourné par la crise sociale et économique. Intervention d’Yves ACKERMANN, président du Conseil général du Territoire de Belfort, membre de la FNESR et de Christophe SIRUGUE, député membre de la Commission des Affaires sociales Il faut savoir aujourd’hui par exemple qu’un célibataire qui travaille au SMIC vit en-dessous du seuil de pauvreté. De toute évidence, il manque des moyens dans la mise en place du dispositif déjà en expérimentation dans 34 départements. L’État finance actuellement à hauteur de 1,5 milliard, pour l’année 2009 ce qui est insuffisant par rapport aux 3 milliards qui seront nécessaires quand il fonctionnera pleinement. L’État assure qu’il paiera le complément le moment venu, lors de la montée en régime mais nous demandons à voir. Il y aura des problèmes de financement dès 2010 et c’est ce qui nous inquiète. Les Conseils généraux, les CAF et le Pôle emploi sont les principaux maîtres d’œuvre. Il y aura 600 000 nouveaux demandeurs d’emploi d’ici la fin de l’année 2009 ce qui entraînera une situation tendue, car ces organismes ont dû travailler dans l’urgence. Il y aura 1800 postes crées au Pôle emploi alors que dans le même temps 1 départ sur 2 du pôle emploi n’est pas assuré. Ce qui est primordial est l’accompagnement individualisé qui permet au demandeur d’emploi de retrouver du travail. C’est ce que nous avons remarqué quand certains départements ont mis en œuvre le Contrat départemental d’accès à l’Emploi Le risque est double dans le dispositif actuel : ➢ Voir s’installer de nombreuses personnes dans la précarité, ➢ Qu’il y ait un effet d’aubaine pour les entreprises qui peuvent favoriser le travail partiel au détriment de l’emploi à temps plein, en prenant le RSA comme palliatif ou comme dispositif complémentaire au temps partiel. Etant donné le clivage entre le monde social et économique, il est à craindre que le RSA ne change pas la donne. Le RSA n’est donc pas un dispositif suffisant pour répondre à la précarité, car on n’imagine pas d’amélioration de la situation dans les entreprises. Les questions que nous nous posions lors de la mise en place du dispositif demeurent, à l’exception près que la situation économique s’est lourdement aggravée depuis. Nos questions sont devenue des urgences. Nous formulons des propositions notamment pour les jeunes de manière à reconnaître leur autonomie et la particularité de leur situation. Il faut qu’on sache comment aider les jeunes exclus des dispositifs d’aide et il faut savoir aussi comment on peut sortir du RSA ? Nous serons vigilants sur les conséquences de ce dispositif par rapport à la dégradation du climat social. Télécharger la note en pdf : Face à la montée de l'exclusion : Réagir Sans Attendre