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Education, recherche, culture Mardi 15 Novembre 2011 à 18:00

Création d'un Centre National de la Musique

La création d’un Centre national de la musique, attendue par toute la filière musicale, peut être positive à condition qu'un certain nombre de préalables soient respectés, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui.

Chacun sait que la filière musicale traverse une crise, et tout particulièrement le secteur de la musique enregistrée qui est confronté aux conséquences de la révolution numérique en cours. La migration des pratiques culturelles vers les supports et les réseaux numériques a déséquilibré le partage de la valeur ajoutée au profit des fournisseurs d’accès à internet et des fabricants de terminaux, qui ne participent pas au financement de la création musicale. Cette situation est injuste pour les auteurs, les artistes interprètes, les éditeurs et les producteurs, qui investissent dans cette création et en assument le risque financier.

C’est pourquoi il est nécessaire de mettre en place un dispositif permettant à la filière de sécuriser son modèle économique, de bénéficier d’un partage équitable des fruits de la croissance numérique et de pouvoir concourir à la préservation de la diversité musicale.

Mais la mise en place d'un CNM ne doit pas contribuer au démembrement du Ministère de la Culture engagée par la droite et accélérée depuis l'élection de Nicolas Sarkozy. Par ailleurs, ce centre ne doit pas avoir vocation de satisfaire les demandes des majors de la musique en oubliant l'apport des labels indépendants à l'émergence des nouveaux talents et négligeant le champ de diffusion essentiel pour la création musicale qu'est le spectacle vivant. Or, à l'heure actuelle on sait ce qu'on perd avec l'apport spécifique de structures qui ont vocation à rejoindre le CNM, mais on ne sait pas encore précisément ce qu'on va gagner.

Le modèle vertueux du financement du cinéma et de la production audiovisuelle du fonds de soutien du Centre National du Cinéma (CNC) montre que les potentialités sont réelles à partir du moment où les objectifs sont précisément définis. Le principe, à cet égard, doit être clairement affirmé : il revient notamment aux diffuseurs et tout particulièrement aux nouveaux opérateurs de contribuer au financement de la création. Dans cet esprit il ne s'agit pas de déshabiller Pierre pour habiller Paul et les hypothèses actuellement émises de recettes affectées au futur CNM ne sont pas acceptables (réattribution de fonds attribués aujourd'hui au CNC ou captation des 25% de la redevance pour copie privée qui vont à l'action culturelle et qui permettent, chaque année, de soutenir 5000 manifestations sur tout le territoire national).

C'est la raison pour laquelle le Parti socialiste qui n'est pas dupe des arrières pensées électorales qui amènent Nicolas Sarkozy à vouloir précipiter la création d'un CNM, promeut un autre projet pour ce centre qui, de la musique enregistrée au spectacle vivant, permette, en associant tous les acteurs de la filière musicale, de sécuriser son modèle économique, de bénéficier d’un partage équitable des fruits de la croissance numérique et de concourir à la préservation de la diversité.