Développement durable et ruralité Jeudi 25 Octobre 2007 à 11:21
Grenelle de l'environnement : du discours aux actes?
Le Président de la République a prononcé pour clôturer le Grenelle de l'environnement, un discours dont on mesure mal les effets concrets. Car la vraie question qui nous est posée maintenant, c'est celle de la mise en œuvre et des moyens financiers qui vont être dégagés.En effet, si les objectifs affichés, les principes énoncés et son catalogue de mesures annoncées se veulent exhaustifs, le Président de la République est resté flou sur plusieurs sujets majeurs potentiellement conflictuels, donnant ainsi l'impression qu'il a commencé à reculer devant les lobbies. En clair, le Parti socialiste reste dubitatif sur la volonté réelle du Président de la République et de sa majorité d'aller jusqu'au bout de l'ensemble de ces annonces alors qu'on relève d'ores et déjà des contradictions flagrantes : • Ainsi, comment réduire véritablement les émissions de gaz à effet de serre, sans instaurer une véritable fiscalité écologique qui est renvoyée à une décision ultérieure et à l'échelon européen ? Au-delà, quelle est la réalité de la taxation du transport routier si elle ne s'applique pas aux autoroutes?. • De plus, claironner le principe de précaution sur les OGM, et ne parler d'un gel de la mise en culture que pour les "OGM pesticides commerciaux", et pour la seule période hivernale n'est pas à la hauteur de l'enjeu ; • Enfin, affirmer l'exemplarité de la France en matière de produits dangereux (transposition de la directive REACH) et renvoyer à une année de réflexion l'interdiction des pesticides en agriculture est purement incantatoire. C'est d'autant plus inquiétant qu'au Parlement européen, l'UMP a voté contre les mesures restreignant l'utilisation des pesticides. Il convient d'ajouter à cela les contraintes budgétaires crées par le paquet fiscal de juillet dernier, privent le Grenelle de moyens financiers conséquents pour conduire ces politiques, avec le risque de voir une fois de plus le gouvernement transférer la charge financière sur les collectivités locales. Ainsi, on peut craindre que Nicolas Sarkozy ait une fois de plus simplement réussi une belle opération de communication, mais qui risque de décevoir considérablement tous les acteurs qui ont participé sincèrement et fortement au Grenelle, dans les mois qui viennent. Communiqué de Béatrice MARRE, Secrétaire nationale à l'Environnement et au développement durable