Développement durable et ruralité Lundi 18 Janvier 2010 à 17:27
Hésitations sur l’inscription du thon rouge à la CITES : le gouvernement face à ses contradictions en matière environnementale
La polémique sur l’inscription du thon rouge de Méditerranée à l’Annexe I de la Convention de l’ONU sur le commerce des espèces en danger (CITES), afin d’en prohiber le commerce international, est symptomatique des hésitations de la politique environnementale du gouvernement.
La décision a été repoussée par trois fois. Le recul du gouvernement conduit à questionner la sincérité des déclarations faites en juillet 2009, où, à l’issue du Grenelle de la Mer, le Président de la République s’était prononcé pour une inscription à la CITES, afin d’en interdire le commerce.
À l’approche des élections régionales, et après les deux échecs environnementaux retentissants de Copenhague et de la taxe carbone, le gouvernement peine à regarder en face ses contradictions. Que MM Borloo et Le Maire aient des discours complètement antithétiques sur la question ne peut signifier que deux choses : soit le gouvernement ment aux Français, soit il est incompétent.
2010 n’est pas l’année internationale de la biodiversité par hasard : l’origine anthropique de la disparition et des menaces d’extinctions de très nombreuses espèces, à un rythme accéléré, et que les scientifiques qualifient de « sixième grande extinction », devrait donner le signal de décisions politiques fortes et volontaristes face à une crise écologique planétaire.
Le Parti Socialiste demande qu’une stratégie responsable en matière de biodiversité soit tenue, sans céder à la pression de l’industrie du thon, et que des moyens adéquats soient apportés afin de ne pas laisser les pêcheurs subir le contrecoup de politiques incohérentes.
Tout délai supplémentaire est inacceptable. Tenter de sauver les apparences alors qu’une espèce emblématique peut être sauvée relève de stratégies électoralistes déplacées : il n’est que temps que les responsabilités soient assumées, et que la France fasse preuve du leadership dont elle se targue auprès de ses collègues européens.
Communiqué de Laurence Rossignol, Secrétaire nationale à l’environnement et au développement durable
et de Germinal Peiro, Secrétaire national à la ruralité et à la mer