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Élections 2012 - Présidentielle et législatives

Élections 2012 - Présidentielle et législatives

Société Jeudi 8 Mars 2012 à 9:29

Immigration : l'irresponsabilité du candidat Sarkozy

Après le discours de Bordeaux, les deux nouvelles annonces de Nicolas Sarkozy sont aussi irresponsables que dangereuses.         

Au moment où le Haut Conseil à l'Intégration dénonce l'échec de la politique d'intégration menée par le gouvernement, le candidat-sortant en attribue la responsabilité aux étrangers et n'a pour seule réponse que de proposer la baisse de l'immigration. A l’instabilité des lois, succède l’instabilité des discours. Alors que son ministre de l’Intérieur annonçait il y a encore deux mois un objectif de réduction des entrées à 150.000 par an, le président sortant vise aujourd’hui les 100.000, soit une réduction de moitié par rapport à la situation actuelle. Combien viseront-ils demain ?

Cet objectif est à la fois irresponsable et impossible. Dans la mesure où il n’a pas de  marge de manœuvre en matière d’immigration de travail dite « choisie » qui est son échec  (elle représente à peine 10 % des flux), Nicolas Sarkozy souhaite-t-il une fois de plus s’attaquer aux étudiants étrangers qui représentent 60 000 entrées ?  A moins qu’il ne souhaite bafouer des droits protégés que sont l’asile et le droit à une vie familiale normale. Cela vaudrait encore à la France des condamnations devant la Cour européenne des droits de l’homme, en vertu de l’article 8 de la Convention Européenne des Droits de l'Homme et des libertés fondamentales.          

Deuxième annonce : en matière de minima sociaux, Nicolas Sarkozy propose des mesures stigmatisantes et sans effet sur les comptes publics. En imposant une condition d’activité de 5 ans pour bénéficier du minimum vieillesse, Nicolas Sarkozy privera de tout revenu de subsistance deux milles personnes, pour une économie de moins de deux millions d’euros par an.      

Quant au RSA, Nicolas Sarkozy oublie de rappeler que son versement est déjà conditionné à une durée de présence sur le territoire. En souhaitant assortir cette condition d’une durée d’activité, le président-sortant modifie profondément le système du RSA, allocation universelle et non prestation contributive. Surtout, il ne suggère rien de moins qu’une proposition inconstitutionnelle en vertu du principe d’égalité et de l’alinéa 11 du Préambule de la Constitution de 1946 qui "consacre à tout être humain (...) dans l'incapacité de travailler a le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence".

Ces étrangers sont en situation régulière, malgré le flou entretenu par la droite. Durcir ainsi la législation non seulement laisse planer une suspicion malsaine sur ces étrangers mais n’aurait pour seule conséquence que de créer toujours davantage de précarité.       

Alors que Nicolas Sarkozy est depuis 10 ans au pouvoir, que ce soit en tant que ministre de l’Intérieur ou président de la République, il ne peut masquer une fois de plus ses échecs par une fuite en avant.