Réforme de l’Etat et décentralisation Vendredi 7 Novembre 2008 à 17:32
La délocalisation de l’Insee à Metz : un projet à l’encontre de la qualité du service public et du débat démocratique
Le projet de délocalisation d’une partie de l’Insee à Metz constitue une réelle menace pour la statistique publique et donc la qualité du débat démocratique. Cette annonce a été effectuée dans un contexte de critiques répétées à l’égard des données produites par l’Insee, qui ne vont pas dans le sens des discours du gouvernement et du Président de la République. Une nouvelle fois, les services publics subissent une politique de discrédit, avec des attaques injustifiées et démagogiques. Ce projet a été mis en place non pas dans le but d’améliorer la qualité du service public de la statistique, mais pour compenser la fermeture de casernes à Metz, sans aucune vision de l’aménagement du territoire et sans aucune concertation avec les acteurs impliqués. La compensation de la suppression de postes par la mobilité d’autres services s’effectue ici au détriment de l’efficacité du service public. La présence de l’Insee à Paris s’explique par le besoin de coordination et de proximité avec les services ministériels produisant des données et les partenaires présents en région parisienne. La pertinence et la rapidité de parution des statistiques et des études repose en grande partie sur cette proximité. La remettre en cause nuirait donc réellement à la qualité des données, pourtant essentielle au débat démocratique et à la prise de décision pour les politiques publiques, aussi bien au niveau national que local. Par ailleurs, sous couvert de recrutement local, ce projet constitue un moyen détourné de réduire les effectifs. L’Insee devrait perdre 2000 agents dans les années à venir avec les départs en retraite et les précédentes délocalisations ont montré que seulement 10% à 20% des agents acceptaient de suivre un tel mouvement de délocalisation. L’Insee est un des piliers de la statistique publique, et l’engagement de réformes quant à sa localisation ou à son organisation doit nécessairement s’effectuer dans un but d’amélioration de la qualité d’un service public essentiel. Le Parti socialiste demande le retrait immédiat de ce projet, dangereux pour le débat démocratique, et soutient le mouvement engagé par les personnels de l’institut. Communiqué de Christian Martin, Secrétaire national aux services publics et d’Alain Vidalies, Secrétaire national aux entreprises