Economie, entreprise, industrie Vendredi 19 Décembre 2008 à 16:47
La France sans plan de relance à la hauteur de la crise profonde confirmée aujourd’hui par l’INSEE
Cela fait des mois que le Parti socialiste tirait le signal d’alarme, voici la confirmation de l’INSEE. La France est malheureusement bien en récession. L’Insee prévoit un recul du PIB de 0,8% au quatrième trimestre 2008 et une croissance annuelle moyenne de -1,1% à l’issue du deuxième trimestre 2009. La France va mal depuis près d’un an, avec d’abord un recul du pouvoir d’achat, puis une baisse de la production et de l’emploi. Dans ce contexte, on attendait un plan de relance digne de ce nom. Cela fait des mois que le Parti socialiste le réclame ; il a fait des propositions et dit comment elles pouvaient être financées, notamment en mettant entre parenthèse la loi TEPA de juillet 2007 qui contient des mesures aussi inefficaces économiquement qu’injustes socialement. Le plan adopté aujourd’hui en Conseil des ministres n’est malheureusement pas à la hauteur de l’enjeu. Tout d’abord, il est tardif. Nos principaux partenaires européens, comme l’Espagne ou la Grande-Bretagne, ont déjà adopté leur plan, il y a plusieurs semaines et le mettent en oeuvre. Ensuite, il est totalement insuffisant au regard de l’ampleur de la crise. Alors que nos principaux partenaires ont adopté entre 24 et 27 milliards d’euros de crédits nouveaux, le plan français, bien loin des 26 milliards affichés, ne compte aujourd’hui que 4 à 5 milliards de crédits nouveaux par rapport à 2008. Enfin, ce plan est largement inadapté. Les rares crédits réellement injectés se focalisent principalement sur l’investissement de moyen et de long terme (canal Seine Nord, lignes de TGV…). Presque rien ne concerne la relance de la consommation et l’investissement immédiat comme le logement. La crise frappera le pays principalement en 2009 et 2010, mais le plan de relance n’aura d’effets modestes, qu’en 2011 et 2012. Il n’est aucunement en mesure d’éviter une envolée du chômage et un recul des revenus pour une majorité de Français. Le plan proposé aujourd’hui en Conseil des Ministres est donc déjà dépassé avant même d’avoir été adopté. Le Parti socialiste demande au gouvernement de le reprendre entièrement en apportant un soutien immédiat au pouvoir d’achat, à la consommation et à l’investissement, et, pour financer ce surplus de dépenses, d’abroger le paquet fiscal. Le Parti socialiste fera lui-même le 20 janvier ses propres propositions après avoir consulté tous les acteurs concernés : les partenaires sociaux, les filières les plus touchées, les experts économiques, les collectivités locales et particulièrement les régions et s’être penché sur les plans ambitieux de relance comme il en existe dans d’autres pays Européens et aux Etats-Unis avec Obama. Communiqué de Michel SAPIN, Secrétaire national à l’Economie et à la fiscalité