Outremers Jeudi 15 Mai 2008 à 19:20
Le Parti socialiste demande au Secrétaire d’État à l’outre-mer de gagner ses arbitrages plutôt que de polémiquer en stigmatisant les outre-mers
A la suite de l’interview du secrétaire d’État à l’outre-mer paru dans Challenges, Victorin Lurel, secrétaire national à l’outre-mer du Parti socialiste, invite Yves Jégo à cesser de polémiquer en stigmatisant les outre-mers comme il le fait en évoquant les niches fiscales. Dans cette interview, comme dans plusieurs déclarations récentes, le secrétaire d’ Etat à l’outre-mer adopte en effet la posture traditionnelle de nombreux responsables de l’UMP qui mettent les outre-mers à l’index en les associant systématiquement à des privilèges fiscaux et en insistant sur les dérogations au droit commun dont bénéficie ces territoires. La meilleure preuve en est que sur les 450 niches fiscales représentant entre 39 et 50 milliards d’euros selon les sources, le gouvernement a choisi de n’en cibler que 5, dont une concernant les outre-mers qui ne représente que 160 millions d’euros et qui, pour l’ensemble des socioprofessionnels, permettent de soutenir l’activité et de créer des emplois. Pour Victorin Lurel, cette attitude est indigne d’un ministre qui doit avoir à cœur de défendre les territoires qui dépendent de son périmètre gouvernemental. Dans cette interview, Yves Jégo déclare également que « à défaut de propositions pour l’avenir des outre-mers, le Parti socialiste semble désormais se complaire dans l’outrance et colporte des contre-vérités ». Victorin Lurel a donc le plaisir d’adresser à Monsieur le secrétaire d’Etat les 81 propositions du Parti socialiste pour les outre-mers adoptées lors de la convention nationale de Baie-Mahault (Guadeloupe) le 29 avril 2006. Il espère ainsi que la lecture de ce document intitulé « Pour des outre-mers plus forts dans une République fière de sa diversité » permettra au secrétaire d’Etat, plutôt que de polémiquer, de se concentrer davantage sur le chiffrage du futur projet de loi de programme et d’emporter, enfin !, ses arbitrages ministériels. Ainsi, pourra-t-il peut-être annoncer en Guadeloupe, lors de sa visite la semaine prochaine, autre chose qu’une capitulation devant les experts de Bercy. Communiqué du Secrétariat national à l’ outre-mer