Economie, entreprise, industrie Mardi 27 Mai 2008 à 18:26
le Président de la République cherche par tous les moyens à ne pas répondre aux vraies raisons de la faiblesse du pouvoir d’achat des Français
Nicolas Sarkozy vient à nouveau de faire des annonces sur le pouvoir d’achat qui ne concerneront au mieux qu’un petite minorité de Français, pour un bénéfice plus qu’hypothétique. La mesure-phare proposée par le président de la République, à savoir l’incitation à l’intéressement des salariés, exclut d’emblée les retraités, les fonctionnaires, et tous les salariés des entreprises non soumises à accord d’intéressement, à savoir une très grande majorité d’entre eux. De la même manière que la détaxation des heures supplémentaires n’a pas augmenté le nombre total d’heures effectuées par les salariés, et donc leur pouvoir d’achat, un crédit d’impôt pour inciter les entreprises à signer des accords d’intéressement ne changera guère la donne actuelle. Il est d’ailleurs symptomatique que Monsieur Sarkozy ait renoncé à imposer un doublement de la participation, comme il s’y était engagé en début d’année, ou à rendre obligatoire la participation dans les entreprises de moins de 50 salariés, préférant, comme toujours, les mesures facultatives, dénuées de réels effets sur le pouvoir d’achat. De même, subordonner les allègements de cotisations sociales au seul engagement de négociations salariales dans les entreprises ne produira aucun effet, seule la conclusion d’accords salariaux étant de nature à revaloriser les salaires. L’engagement d’une négociation annuelle sur les salaires est déjà obligatoire dans les entreprises, mais n’aboutit pas suffisamment à des accords, ce à quoi la mesure annoncée ne changera rien. Enfin, il est évident que l’idée de confier à une commission d’experts indépendants le soin de réfléchir à la revalorisation du SMIC est destinée, sous la pression d’une partie du patronat, à éviter les coups de pouce annuels et à limiter l’augmentation du salaire minimum. En définitive, le Président de la République, en campagne électorale permanente, cherche par tous les moyens à ne pas répondre aux vraies raisons de la faiblesse du pouvoir d’achat des Français, à savoir l’insuffisance des bas et moyens salaires dans notre pays. Communiqué de Michel SAPIN, Secrétaire national à l’Economie et à la Fiscalité, et d’Alain VIDALIES, Secrétaire national aux Entreprises