Economie, entreprise, industrie Mardi 3 Avril 2012 à 16:04
Le projet du candidat Sarkozy : plus d'impôts ou plus de dette ?
A moins de trois semaines d'une élection qui doit permettre aux Français de choisir en toute connaissance de cause s'ils veulent poursuivre dans la direction actuelle ou s'ils veulent le changement, Nicolas Sarkozy n'a toujours pas présenté le financement de son programme.
Pourtant, dans un entretien publié hier par trois quotidiens régionaux, le candidat sortant prétend de nouveau ramener à zéro le déficit – qui a atteint 5,2% du PIB en 2011 – avec « 115 milliards d'euros d'efforts - 75 milliards sur les dépenses, 40 milliards sur les recettes » et tente de faire croire que ces recettes seraient déjà votées à hauteur de 32 milliards d'euros.
C'est un mensonge grossier.
Le candidat sortant a effectivement fait voter des hausses d'impôts massives mais les Français paient déjà ces hausses et, pour une grande part, les payaient déjà en 2011. Or pour que des hausses d'impôts permettent de réduire le déficit par rapport à son niveau de 2011, il faut donc qu'elles procurent des recettes supplémentaires par rapport à celles de 2011.
C'est le cas des deux plans « Fillon » et d'autres mesures, dont la taxation des transactions financières votée en février. Mais, même en retenant les chiffrages du gouvernement, 17,7 milliards de recettes ont été votés à ce titre, bien loin des 32 milliards allégués que je mets le candidat sortant au défi d'énumérer.
Si le candidat sortant prétend réduire le déficit de son niveau de 2011 à zéro grâce à 40 milliards d'euros avec des recettes nouvelles, il doit donc :
- soit ajouter 23,3 milliards d'euros d'impôts supplémentaires, et ce avant même d'avoir financé le moindre euro du coût des nouvelles mesures qu'il invente chaque semaine, lesquelles se chiffrent en milliards ;
- soit augmenter d'autant la dette chaque année.
Va-t-il les trouver en augmentant de moitié l'impôt sur le revenu ? En portant le taux normal de TVA à 25 % ? En augmentant la CSG sur les pensions et sur les salaires de deux points et demi ? Ou, une fois de plus, faire payer nos enfants, comme il l'a fait depuis 2007, en faisant passer la dette publique de 1200 à 1800 Md€ ? C'est à cette question que devra répondre le projet de Nicolas Sarkozy. Les Français ont été assez payés en 2007 de promesses non tenues pour avoir le droit d'obtenir des réponses claires aujourd'hui.
