Ville et logement Mardi 6 Octobre 2009 à 22:05
Le projet du Gouvernement sur le Grand Paris : confiscation des pouvoirs par le gouvernement, recentralisation et régression de la démocratie
Le projet du Grand Paris transmis par le Gouvernement aux collectivités territoriales est technocratique et autoritaire, très éloigné d'une grande ambition pour la métropole parisienne de l'après-Kyoto et des besoins concrets des Franciliens. Ce projet risque au contraire de créer de nouvelles inégalités, d'aggraver les ségrégations urbaines, de faire perdre beaucoup de temps dans la réponse aux besoins urgents des populations en matière de transports. Le Grand Paris version BALLADUR cumulait les inconvénients : trop petit pour l’expansion économique de Paris métropole européenne et ville-monde ; trop grand pour les actions de proximité menées par les départements. Le Grand Paris version Christian BLANC est beaucoup plus inquiétant encore. Il opère une recentralisation des décisions stratégiques au profit du Gouvernement et préfigure ce que le Gouvernement veut imposer à toutes les collectivités territoriales partout sur le territoire français. L'État décidera seul. Par la création d'une Société du Grand Paris, le Gouvernement reprend le contrôle direct de l'organisation des transports en Ile-de-France, tout en laissant aux collectivités territoriales la charge d'en financer l'exploitation. Et, ultime provocation, il veut enlever au STIF*, présidé par la région Ile-de-France, la totalité de son patrimoine pour le transférer à la RATP, ce qui le privera de sa capacité à investir dans les priorités pour les Franciliens. Or la métropole parisienne est porteuse de projets et de dynamiques dont il serait inconcevable de faire table-rase. La région IDF et l'ensemble des départements ont arrêté en 2008 un ambitieux « Plan de mobilisation » qui propose de rattraper, en dix ans, le retard accumulé ces trente dernières années. La Région et les collectivités ont programmé 12 milliards d'euros d'investissements et invité l'État à y participer, mais toujours sans réponse de sa part. Paris-Métropole a ouvert la voie d'un partenariat moderne, souple, au service de tous les habitants de l'agglomération parisienne. C'est dans cette voie qu'il faut poursuivre : nous voulons un partenariat stratégique sur les décisions qui doivent être prises conjointement par le Gouvernement et les collectivités territoriales, et les financements seraient partagées équitablement avec un engagement ferme de l'État sur la part qui lui revient. Communiqué du Bureau national