Education, recherche, culture Mercredi 18 Avril 2012 à 9:49
Luc Chatel, un curieux ministre de l'Education nationale à l'indignation sélective
M. Luc Chatel s'est dit ce matin "stupéfait" et "atterré" par la proposition de François Hollande de créer dès la rentrée scolaire, s'il était élu, 1 000 postes de professeurs des écoles.
« Stupéfait », on le comprend, lui qui n'a connu pour l'école que projet de destruction et de suppression, que dogme libéral et réaction. L'effet de surprise a joué à plein, alors que François Hollande propose de sauver ce qui peut encore l'être pour la rentrée prochaine.
« Atterré », cela est plus original. Celui qui n'avait pipé mot face à la quasi extinction des RASED, à la déscolarisation des moins de 3 ans, à la suppression de la formation des enseignants, aux 80 000 suppressions de postes, à l'abandon de l'éducation prioritaire trouve cette fois motif à indignation. La principale hantise de ce bien curieux ministre de l'Education nationale est ainsi que l'on cherche à améliorer les conditions, qui s'annoncent désastreuses, de la rentrée 2012. Ce qui est atterrant, c'est qu'il ne soit pas lui-même atterré par son bilan, c'est qu'il ne pense pas d'abord à l'intérêt supérieur des enfants.
La mauvaise foi et l'irresponsabilité ont des limites. M. Chatel doit nous dire s'il accepte la responsabilité personnelle de ne remettre aucun professeur devant les élèves qui en ont besoin à la rentrée, de laisser des enfants de moins de 3 ans à la porte des écoles maternelles faute d'enseignants, de continuer à accueillir les professeurs nouvellement recrutés sans aucune formation, de retirer le soutien apporté par les RASED aux élèves en difficulté, d'avoir abandonné toute ambition pour l'éducation prioritaire, comme l'a encore montré un pré-rapport récent de la cour des comptes.
