Société Vendredi 1 Avril 2011 à 18:23
L’UMP n’organise pas un débat sur la laïcité mais pour stigmatiser l’Islam
Malgré l’ampleur des protestations, y compris celles des différents cultes, unanimes dans la réprobation, et même des voix républicaines émanant de ses propres rangs, l’UMP, à la demande expresse du chef de l’Etat, persiste dans sa volonté d’organiser, le 5 avril prochain, un pseudo débat présenté comme portant sur la laïcité, mais dont le seul objet était et reste de stigmatiser l’Islam en jetant insidieusement l’opprobre sur des millions de Français, croyants ou non, issus de cette tradition.
Par le simple fait qu’elle s’organise à l’instigation du Président de la République, cette initiative est contraire à l’esprit comme à la lettre de la Constitution dont l’article 1 dispose que la France est « une République laïque (…) qui respecte toutes les croyances ». Tentative pathétique d’un pouvoir discrédité et aux abois, elle constitue, de surcroit, une faute politique et morale dont le seul effet sera de renforcer une extrême droite, aujourd’hui comme hier, raciste et xénophobe.
Pilier solide de notre modèle républicain, la laïcité aura été moins menacée, depuis 2007, par quelques comportements fondamentalistes - dont aucun culte n’a l’exclusivité et que nos lois sanctionnent - que par l’attitude du chef de l’Etat. Par ses propos et ses actes, Nicolas Sarkozy n’aura cessé de porter atteinte à ce principe fondamental de notre vivre ensemble. C’est le cas de son apologie permanente de la religion ou son distinguo entre cultes selon qu’ils seraient ou non, à ses yeux, constitutifs des racines de la France. Comment exiger du moindre collaborateur occasionnel d’un service public la stricte observance du principe de neutralité de l’Etat quand, en violation de celui-ci, le Président de la République se livre, lui et en toute occasion, à l’affichage ostentatoire de ses propres conviction et appartenance religieuses ?
Pour le Parti socialiste, la laïcité en France est et doit demeurer un double principe : l’impossibilité de discriminer entre les citoyens à raison de leurs croyances philosophiques ou religieuses, d’où pour l’Etat cette obligation de neutralité vis-à-vis de ces croyances, et l’impossibilité pour les citoyens, par ailleurs libres de leurs croyances philosophiques ou religieuses, de s’en prévaloir pour s’affranchir des règles communes.
Le cadre juridique qui en découle, à commencer par la loi du 9 décembre 1905, n’a nullement empêché l’édification de nombreux édifices cultuels dans notre pays malgré le principe de prohibition des financements publics. Il a garanti, dans le respect de l’ordre républicain, le libre, égal et effectif exercice des cultes dont les représentants attitrés viennent de réaffirmer, unanimement, que la laïcité, « précieux acquis », était « un des supports de notre démocratie ». Ce cadre juridique a surtout permis d’assurer la liberté de conscience de tous, à commencer par celle de la majorité de Français qui s’affirment non croyants.
Bien commun de tous, la laïcité est et doit demeurer au rang de ces exceptions françaises dont notre pays peut être fier et que chacun doit s’employer à préserver et à défendre.
Communiqué du Parti socialiste