Emploi et travail Mardi 26 Mai 2009 à 14:06
Point de presse d’Alain Vidalies, député, Secrétaire national au travail et à l’emploi, et Benoit Hamon, Porte parole.
Intervention d' Alain Vidalies L’amendement de Frédéric Lefebvre, porte parole de l’UMP qui vise à donner la possibilité aux salariés de poursuivre leur contrat de travail par le télétravail, pendant un arrêt maladie, ou maternité par exemple, est hallucinant. Ce n’est pas l’œuvre d’un franc-tireur, car le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, ce matin à la radio a reconnu avoir été informé de l’initiative de F. Lefebvre, et que cela était une bonne idée qui répondait à une demande. Il soutient cette proposition qui sera débattue demain soir lors de la discussion à l’Assemblée nationale. Faire travailler un salarié lors d’un congé maladie est une remise en cause des dispositions de protection des salariés, dont l’essentiel date de la fin du XIXè siècle. Présenter cet amendement sous le sceau du respect du volontariat devient une démarche systématique quant l’UMP veut modifier notre modèle social : c’est le cas du travail du dimanche, du travail jusqu’à 70 ans, du renoncement aux congés payés ou du prêt de salariés à une entreprise. Tout cela pose des questions de fond : N. Sarkozy ne cache pas ses préférences pour le modèle anglo-saxon du marché du travail, et le met ainsi en musique. Il l’a d’ailleurs illustré lors de la présidence française de l’Union européenne en acceptant l’idée de dérogation pour les pays qui voudrait aller au-delà des dispositions sur le temps de travail hebdomadaire de 48h. Pourquoi un code du travail ? car il régit un rapport de subordination entre salarié et employeur, rapport déséquilibré dont le code du travail vise à protéger. Enfin, l’individualisation des rapports sociaux, dans une période de crise, fait que sur le marché du travail, le volontariat devient une obligation. Il y a contradiction dans le discours du président de la République et de l’UMP quand ils vantent la résistance de notre économie à la crise, grâce à notre modèle social et qu’ils déréglementent chaque jour ce modèle. Intervention de Benoît Hamon F. Lefebvre n’est pas seulement le porte parole de l’UMP ou de N. Sarkozy. Avec cette proposition, il devient aussi le porte parole du MEDEF, qui n’en espérait sans doute pas tant. C’est une provocation aux syndicats, notamment le jour où ils mobilisent les salariés face à la crise économique et sociale. Dans le débat européen, ce sont les mêmes libéraux qui ont soutenu « l’op out». Le 7 juin, pour s’opposer au démantèlement de notre modèle social, votez social, c’est votez socialiste.