Libertés, médias, justice et sécurité Lundi 5 Juillet 2010 à 15:14
Point de presse hebdomadaire de Benoît Hamon
Législative partielle de Rambouillet
Tout d’abord je voudrais féliciter la candidate de gauche Anny Poursinoff qui est arrivée en tête avec 42,62%, dimanche, au premier tour de la législative partielle de Rambouillet, dans une circonscription historiquement enracinée à droite. J’appelle à la mobilisation de l’électorat de gauche pour l’emporter dimanche prochain. Mercredi prochain Martine Aubry, se rendra à Rambouillet pour soutenir Anny Poursinoff. Une série d’événement est prévue cette semaine pour mobiliser et faire en sorte que cette circonscription passe à gauche. Ce qui serait une très bonne nouvelle. Lorsque la Gauche se rassemble, elle gagne les élections.
Double démission de M. Joyandet et de M. Blanc / Affaire Woerth
Je voudrais faire un commentaire sur la double démission de M. Joyandet et de M. Blanc, à l’initiative de l’un, forcé pour l’autre. L’objectif et la volonté du Parti socialiste n’est pas d’obtenir des têtes, mais d’en finir avec un système qui a organisé un mélange des genres entre ce qui relève de l’intérêt général, la mission publique et de ce qui relève des intérêts particuliers.
C’est sur ce point que le gouvernement est particulièrement défaillant et c’est ce qui motive aujourd’hui les inquiétudes des Français. Je dis cela car l’UMP s’est lancé dans une campagne visant à dire que M. Woerth était victime d’une machinerie politique, dixit X. Bertrand encore ce matin, il voulait sûrement dire d’une machination politique.
C’est l’honneur d’une démocratie de se targuer d’un quatrième pouvoir, en l’occurrence la presse, qui fait son travail et essaie de faire éclater la vérité.
Dans cette affaire, il n’y a pas de campagne de déstabilisation politique menée par la gauche, mais des faits révélés par des journalistes. Des journalistes qui ont fait un travail d’investigation.
Je le répète, Il n’y a pas de machination politique, mais un quatrième pouvoir qui fait son travail. La réalité est, dans cette affaire, ce qui nourrira demain l’affaiblissement de la démocratie, ou ce qui pourrait nourrir de fait, sous une forme de populisme, ce serait l’omerta, la volonté de ne pas faire éclater la vérité.
En effet, aujourd’hui nous sommes à un moment important pour la démocratie française, un moment où, à la fois les journalistes font leur travail, l’opposition à l’Assemblée nationale pose des questions et le gouvernement aujourd’hui encore, se campe sur une position de déni.
Je voudrais vous proposer une illustration sur l’affaire Woerth. Nous avons posé des questions et aujourd’hui M. Woerth a fait des déclarations souvent remises en cause par les faits :
- Il déclarait que M. De Maistre était une simple connaissance alors qu’il l’a décoré le 23 janvier 2008 à Bercy en lui remettant la légion d’honneur.
- Il déclarait dans un premier temps que sa femme cherchait à quitter Clymène depuis plus d’un an car elle ne s’entendait pas avec M. De Maistre. Or au moment d’annoncer la démission de sa femme, il explique qu’elle le fait avec regret.
- Le 20 juin, il indique ne pas connaître les finances de Mme de Bettencourt, avant d’avouer le 27 juin qu’il avait été informé du contrôle fiscal sur M. François Marie Barnier. Ministre du Budget, il a été forcement informé du montant de restitution du chèque de 30 millions d’euros au titre du bouclier fiscal.
- On découvre ensuite qu’il a dîné avec Mme Bettencourt, une semaine après la cérémonie de remise de la légion d’honneur à M. De Maistre.
- M. Woerth déclare également qu’un ministre du Budget ne peut déclencher une enquête fiscale ne relevant pas de ses prérogatives et dans la semaine qui suit, M. Baroin annonce déclencher un contrôle fiscal sur les comptes en Suisse de Mme Bettencourt.
- M. Woerth se défend depuis le début du conflit d’intérêts alors que sa femme a reconnu qu’elle avait sous-estimé ce conflit d’intérêts.
- Je rappelle aussi que M. Woerth et son parti politique, parti politique de l’Oise, semble-t-il, a été bénéficiaire directement d’un don de Mme Bettencourt.
On reviendra sur le nombre des partis politiques en France. Nombreux dirigeants de droite ont leur propre parti politique en France, si ce n’est pas deux. Ceci leur permet de pouvoir récolter des dons de personnes privées.
Je me souviens lors du vote de la loi sur le financement des partis politiques, l’objectif était de couper le lien entre le financement des partis politiques et des intérêts privés. Pour cela, on autorisait des montants maximums de dons (7500 euros). En multipliant les partis politiques on contourne donc l’esprit de la loi.
Le Parti socialiste continuera son travail
Le Parti socialiste, à l’Assemblée nationale, continuera son travail qui consiste à poser des questions pour faire éclater la vérité.
Ce qui est insupportable dans cette affaire ce sont les conflits d’intérêts, le mélange des genres.
Il est temps dans ce domaine d’en finir avec ce système. L’objectif du Parti socialiste n’est pas de faire tomber des têtes mais d’en finir avec ce système.
Lorsque je vois le Président de la République se draper dans la vertu et dire qu’il met en œuvre aujourd’hui la République irréprochable, faut-il lui rappeler que tout ce qui se passe aujourd’hui se passait sous ses yeux auparavant.
S’il n’y avait pas eu de révélations par les médias, tout ceci aurait continué comme avant.
Nous avons besoin que le système change en profondeur. Nous sommes aujourd’hui dans une crise gouvernementale, une crise dans la gouvernance de la France. Nous avons face à nous un gouvernement qui peine à se mettre au-dessus des intérêts particuliers et c’est difficile pour un gouvernement qui peine à se mettre au-dessus des intérêts particuliers de conduire une réforme comme celle des retraites.
Nomination de M. Pflimlin
Je voulais enfin faire un commentaire sur la nomination de M. Pflimlin.
En choisissant de nommer Rémy Pflimlin à la tête de France Télévisions, Nicolas Sarkozy tente de faire taire, par le choix d'un professionnel des médias, les critiques liées au nouveau mode de nomination.
Le problème est la nomination et la révocation par le Président de la République.
Nous sommes favorables à ce que ce soit une autorité indépendante comme le CSA et les conseils d’administrations des établissements concernés qui soient en charge de la nomination et du choix.
Il faut couper le lien entre le patron de l’exécutif en France et les patrons de l’audiovisuel public.
Voici encore un exemple du mélange des genres et la volonté d’affaiblir les contre-pouvoirs.
