Société Lundi 9 Novembre 2009 à 20:56
Point presse de Benoît Hamon, Porte-parole
La chine vient d'exécuter 9 Ouïghours de la province du Xinjiang dans un pays qui continue de pratiquer la peine de mort pour de délits d'opinion. Si la France doit continuer à avoir des relations diplomatiques, économiques et politiques avec la Chine, elles doivent avant tout aider à l'émergence d'une démocratie. Ce n'est donc pas le rôle d'un grand parti politique issu d'une démocratie comme la France de signer des accords et une convention avec le PC chinois, parti unique. C'est un très mauvais signal donné de renoncement à des principes anciens partagés par les partis républicains français, dans ce qui relève de la coopération et des discussions entre partis. Jusqu'à présent on s'abstenait d'entretenir des relatons politiques constantes et officielles avec de tels partis. Pour mémoire, le PS sollicité ainsi que l'Internationale socialiste à de multiples reprises n'a jamais signé d'accords avec le PC chinois. C'est pourquoi nous ne comprenons rien à des décisions comme celles de Xavier Bertrand et de l'UMP qui s'est mal illustré dans un choix incompréhensible qui ne met plus au centre de ses préoccupations, la question fondamentale des droits de l'Homme. Rappelons que la Chine a d'énormes progrès à faire sur le plan démocratique. Le bilan de Nicolas Sarkozy Si on s'en tient objectivement aux faits, ce bilan est catastrophique. La présidence de Nicolas Sarkozy a-t-elle amélioré la vie quotidienne des Français ? Vit-on mieux en France aujourd'hui ? Si on s'en tient aux sondages, 80 % des Français considèrent dans un sondage BVA que le bilan de Nicolas Sarkozy est jugé comme négatif, voire très négatif. Le salaire médian en France est de 1594 euros, ce qui signifie que 50 % des Français gagnent cette somme, voire moins. Dans la structure des dépenses, on est frappé de voir la dégradation des conditions d'existence des Français. Les économistes répartissent en 3 catégories les différentes dépenses : les dépenses dites incompressibles (autour de 650 euros : le loyer, l'électricité, le crédit, orientées à la hausse en raison de l'inflation et des prix des matières premières). • les dépenses quasi-incompressibles (autour de 300 euros : santé, transports, alimentation). • l'argent disponible qui permet de se projeter en avant de se consacrer aux loisirs, lui, ne cesse de se réduire. Les dépenses incompressibles croissent parce que les franchises médicales ont augmenté, parce qu'on paie le forfait hospitalier, parce qu'on va payer la taxe carbone ou parce que les loyers n'ont pas été endigués. Ce qui rend la vie plus difficile en France, est la baisse de la part du revenu disponible des Français. Ces chiffres restituent une réalité partagée par des millions de Français, et explique pourquoi le mirage Nicolas Sarkozy ne fonctionne plus. On ne croit plus à cette forme de gouvernement de la gesticulation continue, à ce malaise. On a constamment l'impression que tout commence avec lui à «France année zéro», que tout commence maintenant et que rien ne s'est passé avant. Il faudrait croire que depuis son élection, tout va aller mieux. Prenons 3 exemples dans le bilan Sarkozy : L'emploi - 600 000 chômeurs de plus selon le Pôle emploi. - La loi TEPA sur les heures supplémentaires qui aura réussi le miracle en période de crise de rendre plus facile le fait de faire faire des heures supplémentaires aux salariés, plutôt que de favoriser l'embauche des demandeurs d'emploi. - L'instauration du travail du dimanche, - Une souffrance au travail de plus en plus accrue qui a conduit à des séries de suicides, la France se situant à 12 000 suicides par an, 120 000 tentatives par an, ce qui est deux fois supérieur à la Grande-Bretagne. Il y a une absence de prise en charge de cette question, car on est dans le déni des raisons qui justifient de tels actes. Nous attendons de la part du gouvernement des mesures simples pour faire en sorte que les médecins du travail ne soient pas subordonnés aux employeurs, mais indépendants dans leurs missions. Il nous faut des mesures fortes de prévention. En matière d'emploi, ce gouvernement a également supprimé 92 000 postes de fonctionnaires, parfois indispensables, dès lors qu'il faut prendre en charge les services publics. La sécurité Depuis 3 ans, il y a 7000 postes de policiers et gendarmes quo ont été supprimés et pour l'année à venir 2744 personnes en charge de la sécurité, disparaîtront. La Police ne peut plus mailler le territoire et agir en amont des délits. La Police de proximité a été remplacée par une Police répressive. Depuis 2002, les attaques faites aux personnes, les atteintes à l'intégrité physique des individus, ont augmenté de 16,4 %, marquant l'échec complet de la politique de sécurité de ce gouvernement, qui avait pourtant fait de ce sujet, le principal thème de sa campagne électorale. La question de la santé Cette question arrive souvent en tête des préoccupations de nos concitoyens. On constate que l'hôpital public est en crise car l'objectif affiché du gouvernement est de transformer ce grand service public en entreprise. Madame Bachelot n'a que des objectifs comptables, de rendement et de performance, qui déterminent la réduction des personnels dans les hôpitaux. Les déficits cumulés des hôpitaux publics se situent à seulement 800 millions d'euros, comparé à l'argent mis sur les banques et au refus de taxer ce même secteur, cela justifie pour le gouvernement la suppression de 20 000 postes de personnels soignants ou administratifs, ce qui constitue un des plus importants plan social de notre pays. Comble du cynisme, ce gouvernement a décidé de taxer les indemnités des accidentés du travail. Quand on a subi un préjudice, - et pour récupérer 160 millions d'euros -, ce gouvernement a décidé de fiscaliser les accidentés, mais refuse de taxer de 10 % les bonus des banques ou de remettre en cause le bouclier fiscal. C'est une mesure à la fois injuste et immorale. Les bénéficiaires de la CMU n'ont plus l'occasion de pouvoir consulter librement un médecin. Rien n'est fait pour juguler les dépassements d'honoraires. Cette présidence se caractérise par le mensonge et la manipulation, jusque dans ses plus ultimes détails. Même dans ses voyages à Berlin, le président de la République semble réécrire l'histoire. Ce qui est frappant, c'est que lors de son élection Nicolas Sarkozy avait soulevé une espérance de la part de ceux qui l'avaient élu, avec pour mot d'ordre le changement et le progrès. Il n'y a pas de progrès mais une récession économique, une restauration de la rente plutôt que du salaire, de la réussite par les réseaux plutôt que par le mérite, une restauration de l'impunité, plutôt que de la responsabilité, marque d'un pays en régression, tant sur le plan éthique que démocratique. Cela justifie de notre part une réaction particulièrement forte. Il y a une asphyxie de tous les contre-pouvoirs sociaux, économiques, harassés par une politique d'absence de dialogue social et une politique du rapport de force permanent qui rend difficile le travail des partenaires sociaux, car l'épreuve de force a systématiquement un coût pour les salariés. Le gouvernement construit un rapport de force permanent avec les salariés. Affaiblissement aussi des contre-pouvoirs médiatiques, par oligarques interposés, avec une stratégie qui consiste à nouer des réseaux d'amitié parmi les propriétaires des entreprises de communication et de faire subir des pressions aux journalistes. Frédéric Lefèbvre agit sur ordre tel le Tatayet de l'Elysée, personnage d'un ventriloque connu naguère qui tape sur les journalistes récalcitrants. Enfin le contre-pouvoir judiciaire : nous sommes attachés à une justice indépendante qui ne soit pas celle d'un côté pour les puissants, les célèbres ou les fameux, et de l'autre une, pitoyable pour ceux qui ne bénéficient pas de réseaux. La suppression du juge d'instruction interroge car nous avons besoin d'un juge indépendant dans des affaires sensibles. Jacques Chirac n'aurait sans doute jamais été renvoyé en correctionnelle s'il n'y avait pas eu de juge indépendant. Il n'a pas non plus de contre-pouvoir politique quand on fait revoter le Parlement dès que le résultat n'est pas conforme aux vœux du gouvernement, ce qui est le cas pour un amendement sur la taxation des banques. Jean-François Copé finit toujours couché devant le président de la République. Il y a des chances pour que le débat sur la réforme territoriale montre la même chose, avec une stratégie d'asphyxie des collectivités territoriales qui se voient privées des ressources de la taxe professionnelle dont la compensation n'est garantie que jusqu'en 2010. Le changement du mode de scrutin, uninominal à un tour, des conseillers territoriaux n'est qu'une importation du modèle britannique, jadis tant décrié par Nicolas Sarkozy comme étant anti-démocratique et brutal. Ce système lui laisse simplement la possibilité de reconquérir des exécutifs locaux perdus. Le dilemme consiste souvent en politique à creuser les déficits en appauvrissant les générations à venir, ou à l'inverse de faire porter le fardeau des dépenses à ceux qui vivent pour ne pas hypothéquer l'avenir. Nicolas Sarkozy ne choisit ni l'un ni l'autre, il appauvrit les vivants et ruine les générations futures. C'est pourquoi nous devons mener une politique résolue face à tant de régressions incalculables de la part de ce gouvernement.