Développement durable et ruralité Vendredi 26 Octobre 2007 à 14:19
Point presse de Benoît Hamon, Secrétaire national au projet européen
Grenelle de l’environnement Régimes spéciaux Grenelle de l’environnement Les réponses du Président de la République au diagnostic de « la maison qui brûle » ont balayé l’ensemble du champs des questions posées au pays pour faire face à la dégradation du cadre de vie et aux effets du réchauffement climatiques. Les annonces et les promesses relèvent de la lucidité, car il n’y a pas d’autre choix que de s’engager à réduire les émissions de CO2, par exemple. Mais on mesurera la sincérité de l’engagement du Président et du discours à l’aune des crédits qu’il affectera au financement des politiques qu’il a annoncé, par exemple sur la taxe carbone annoncée dans le cadre d’une refonte globale de la fiscalité. L’ambition sur les pesticides et les réserves, quasiment l’absence, sur la question des transports, me semblent encore très floues. Notamment rien n’est dit sur l’aérien. Il faut savoir qu’au niveau de l’Europe, le trafic contribue à hauteur de 2,5% des émissions à effets de serre, alors qu’il est en augmentation de 86% de 1990 à 2004, et que dans le même temps, l’Europe s’inscrit dans un programme de libéralisation du ciel avec les Etats-Unis avec pour objectif de passer de 55 millions de passagers à 75 millions. Sur ce sujet, les propos de Nicolas Sarkozy sont en contradiction avec la politique européenne. Autre exemple, le gouvernement s’engage à une réduction de 50% de l’utilisation des pesticides d’ici à 2010, alors que cette semaine, une directive européenne sur cette question a vu un vote négatif des députés UMP et PPE. Dès le lendemain, l’examen d’un article ayant pour objectif la réduction des rejets à effet de serre pour les voitures, avec des objectifs chiffrés, a été refusé par les élus UMP et PPE sous le poids des lobbies industriels. Nous verrons ce qu’il en est au niveau national. Aujourd’hui, il y a une priorité absolue, un engagement de la puissance publique tant pour légiférer que pour se l’appliquer à elle-même. Nous serons extrêmement vigilant et regarderons les financements qui seront attribués, car aujourd’hui sur ce point, c’est le silence. Régimes spéciaux C’est la surprise que de voir Nicolas Sarkozy aller faire de la provocation et expliquer aux cheminots que ce n’est pas la rue qui doit donner son avis quand les urnes ont déjà parlé. C’est une curieuse conception du dialogue social que de dire aux salariés de la SNCF que l’on mène une négociation mais que rien ne changera dans le projet du gouvernement sur la réforme des régimes spéciaux de retraite et que la durée de cotisation de 37 ans et demi à 40 ans n’est pas négociable. Il y a stratégie délibérée de confrontation avec le mouvement social, face à l’unité syndicale pour laquelle nous l’invitons à changer. Changer de stratégie face à un conflit qui peut faire mal aux Français.