Economie, entreprise, industrie Lundi 18 Février 2008 à 14:56
Point presse de Bruno Le ROUX
Sanctionner la politique de Sarkozy A trois semaines des élections municipales, le président de la République continue de baisser dans les sondages. C’est le sentiment des Français qui s’exprime sur la façon de gouverner mais aussi sur les résultats de sa politique. On voit face à cette situation une certaine impréparation du Président à gérér des effets d’annonces. Il n’y a qu’une raison à cela c’est la volonté de faire oublier la situation économique et sociale désastreuse du pays. Je la rappelle : baisse du pouvoir d’achat -sur les 3 derniers mois de 2007, moins 1% de baisse du pouvoir d’achat pour les salariés et retraités-, les franchises médicales et un plan de rigueur en préparation dans les services de l’Etat pour les salariés, les retraités et les fonctionnaires, et comme le dit M. Santini, en s’adressant à ces derniers, les caisses sont vides. La situation est particulièrement préoccupante. C’est pourquoi nous renouvelons aux Français, à trois semaines des municipales, notre souhait d’une forte mobilisation, avec pour objet en premier lieu de choisir des équipes municipales innovantes et protectrices, et en second de ne pas accepter ce plan de rigueur inéluctable. Une autre solution est possible, notamment de revenir sur la loi TEPA et de redistribuer les 14 milliards de cadeaux fiscaux, en deux propositions : 7 milliards pour le désendettement de la France et 7 milliards destinés à la hausse du pouvoir d’achat. Dès le premier tour des municipales, un seul vote, deux messages. L’opération de Villiers le Bel Je rappelle qu’il y a quelques semaines, des écoles et des bâtiments publics avaient brulé, que des policiers avaient été attaqués. Il devait y avoir une suite et les délinquants devaient être trouvés et déférés à la justice. C’est le fonctionnement normal. Pour autant l’opération apparaît comme une opération médiatique. Le maire a d’ailleurs été prévenu après la presse. J’en tire deux enseignements. : c’est tous les jours que la police et la justice doivent être présents dans ces quartiers. Je le dis au moment où après avoir promis un commissariat de police, la Ministre de l’intérieur annonçait au maire, il y a quelques jours, que ce serait une simple antenne de police. Enfin, à Villiers le Bel, il est plus facile de convoquer les caméras sur ce type d’opérations que de le faire sur la politique de la ville menée par le gouvernement. Nous souhaiterions que ce soit cela qui soit montrer, des opérations qui requalifie la ville avec une vraie politique, qu’il semble difficile pour le gouvernement d’en montrer les effets. Pour une vigilance républicaine L’appel du journal Marianne, c’est l’appel d’un organe de presse. Les critiques sont justes, mais nous sommes un parti politique et notre travail est celui d’une analyse de fond. Le travail d’un président de la République doit être vu à l’aune de ses résultats et de sa politique, la hausse de la précarité, la baisse du pouvoir d’achat, les franchises médicales, les déficits des comptes publics et sociaux, … c’est un tout et la critique ne peut être que globale. La politique menée aujourd’hui est injuste et accélère les inégalités. Nous souhaitons inscrire notre critique dans le fond du résultat de la politique de Nicolas Sarkozy. La critique doit être un tout. Le devoir de mémoire et la Shoah Le devoir de mémoire doit être un devoir d’explication, de pédagogie. Il ne peut pas y avoir d’improvisation. Nous demandons le retrait de la proposition du président de la République. Nous demandons au Ministre de l’Education nationale de nous faire connaître l’existant de ce qu’apprenne aujourd’hui les élèves de l’histoire de la Shoah. Nous demandons aussi d’examiner, en concertation avec la fondation de la mémoire de la Shoah et avec la communauté éducative, toutes les mesures pour augmenter cet enseignement, c’est à dire tout le contraire d’une improvisation. Un vrai travail pour permettre demain au bénéfice de l’intérêt et de la mémoire de mieux apprendre dans nos écoles. Indépendance du Kosovo Nous prenons acte du processus qui a amené à l’indépendance du Kosovo. Nous pensons que ce processus nous oblige, vis a vis de la Serbie, à ce que l’Union européenne puisse prendre sans attendre toutes les mesures permettant de la considérer comme un partenaire de l’Union européenne. Présentation du bilan de la politique envers les personnes âgées. Jean LE GARREC : 2008, année de la revalorisation des retraites ? Concernant le minimum vieillesse et la prime de 200 euros annoncée par Nicolas Sarkozy, on est encore loin du compte des 5% de revalorisation promis. La revalorisation effective de 1,1% des retraites est une perte de pouvoir d’achat face à l’inflation aujourd’hui. Un retour en arrière se produit et nous allons reparler de la misère des personnes âgées. Claude PIGEMENT : Pour les franchises médicales, notre critique porte sur trois aspects : la question du pouvoir d’achat, le fait que des malades vont payer pour d’autres malades et la culpabilisation des malades dans le déficit de la Sécurité sociale. Il faut donc retirer cette mesure, et je dirais que dans la campagne des municipales, la question des franchises doit être ce que la TVA sociale a été dans la campagne des législatives. De plus, les annonces de l’utilisation des économies faites grâce à cette mesure ne sont pas techniquement organisables notamment pour le financement du plan Alzeimer. Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy reçoit le président de la Mutualité française, M. Davant. Je souhaite que ce soit l’occasion d’une clarification du président de la République sur la possibilité de remboursement ou non des franchises médicales sur les contrats responsables par les mutuelles. En effet, alors que la loi de financement de la sécurité sociale de 2008 ne le prévoit pas, Nicolas Sarkozy avait écrit le contraire, en réponse aux malades en lutte contre les franchises, désavoué par sa Ministre de la Santé et par le Porte parole de l’Elysée. Quelle est donc la position aujourd’hui ? Luc BROUSSY : Un projet de loi sur le 5ème risque dépendance est en préparation et sera déposé avant l’été. Rappelons que depuis 2001, l’APA, créée par Lionel Jospin, bénéficie aujourd’hui à plus de 1 million de personnes. Elle reposait alors que un financement de 50% de l’Etat et 50% des départements. Depuis 2003, l’Etat n’a rien mis au titre de la solidarité nationale, créant ainsi des inégalités territoriales. Alors qu’un amendement présenté par le sénateur Philippe Marini concernant le retour sur succession a suscité de vives oppositions, il y a quelques semaines, nous nous inquiétons du rapport sénatorial qui sera présenté, avant le projet de loi, par le même auteur sur le même sujet..