Economie, entreprise, industrie Lundi 12 Novembre 2007 à 15:23
Point presse de Bruno Le Roux, Secrétaire national aux Élections
La semaine sociale La réforme de la carte judiciaire Le pouvoir d’achat des Français La réforme des universités Une première pour le groupe de liaison de la gauche La Polynésie Agression contre un principal adjoint de Pierrefitte La semaine sociale Commençons par les mouvements sociaux prévus cette semaine. En regardant les déclarations de la fin de semaine et du week-end, on retient que le gouvernement pourrait encore éviter le blocage du pays et les grèves qui se profilent. Au lieu de rechercher la forme pour éviter ces conflits, il fait tout pour tendre la situation. Il reste 48 heures au gouvernement pour mettre en place la table ronde sur les modalités de la réforme avec les syndicats. Plutôt que de mettre à profit ce temps pour empêcher ce conflit, les membres du gouvernement, aujourd’hui, sont à la recherche du conflit et ont envie que la situation se tende. Ils ont envie d’une épreuve de force et les propos de Xavier Bertrand le prouvent quand il dit que sa porte est ouverte mais qu’il n’a rien à mettre sur la table et qu’il n’a rien de plus à négocier. Ce sont les déclarations d’un ministre qui a pour consigne de tendre la situation et de rechercher le conflit. 48 heures avant le début de ce mouvement, nous demandons au gouvernement de tout faire pour qu’une table ronde soit mise en place et qu’on puisse répondre aux questions qui se posent encore sur les modalités de la réforme. Il faut qu’il y ait un véritable dialogue social . Il ne faut pas que l’on soit comme le gouvernement aujourd’hui à la recherche d’un conflit forcé et à la recherche d’une tension maximale. La réforme de la carte judiciaire Ce gouvernement ne conçoit le dialogue que dans le fracas ou dans l’oukase. C’est le cas pour la réforme de la carte judiciaire qui est proposée par Rachida Dati, garde des Sceaux et on s’aperçoit après qu’elle a bien commencé son tour de France, que la méthode est détestable. Défaut de concertation, ignorance des problèmes locaux, mépris pour les élus, tant l’absence de dialogue a été forte à ce niveau. Nous nous apercevons qu’il n’est pas possible de mettre en place une réforme dans de telles conditions. Absence de concertation avant la prise de décision et même après, dans la capacité à expliquer les décisions. On voit ce qui s’est passé en Bretagne ce week-end. On voit ce qui se prépare à Poitiers aujourd’hui avec des décisions incohérentes qui ne sont pas comprises par les populations concernées et par les élus locaux. Le pouvoir d’achat des Français Nous avons vu en fin de semaine un simulacre de réunion avec Christine Lagarde sur le prix des carburants. Plutôt que de simulacre, on pourrait parler de génuflexion du gouvernement devant les compagnies pétrolières en espérant qu’elles veuillent bien avec les menus profits qu’elles font sur la hausse des prix du baril de pétrole, baisser les prix. Cette réunion a montré l’impuissance du gouvernement avec des compagnies pétrolières qui continueront après cette réunion comme elles le faisaient déjà avant, à répercuter la hausse des prix sur les consommateurs, dès qu’elles se produisent. Il y a pourtant un certain nombre de mesures qui pourraient être mise en place rapidement et qui allègeraient la charge du budget transport des familles. Rappelons une fois de plus ces différentes propositions que nous avons faites il y a plusieurs semaines : - La mise en place du chèque transport, - La remise en place de la TIPP flottante, - La taxation des super profits pétroliers qui pourraient être affectés notamment, à la mise en œuvre d’un chèque transport. Avec ce climat général, on a le sentiment que le gouvernement recherche l’épreuve de force pour donner le change face à son incapacité à résoudre les problèmes de la vie quotidienne. Nous faisons une mise en garde : il ne s’agit pas de penser que la colère est simplement celle des cheminots ou celle des bénéficiaires des régimes spéciaux. La colère est celle de nombreux Français qui confrontés aux promesses de campagne de Nicolas Sarkozy et à son thème majeur de l’amélioration du pouvoir d’achat, voient non seulement rien venir, mais savent que le gouvernement laisse la situation se dégrader sans être capable de mettre en œuvre des mesures susceptibles d’améliorer durablement la situation. Si le gouvernement pense que ce n’est que le mécontentement d’une partie des Français et qu’il espère montrer l’autre contre ceux qui se mobilisent, il se trompe. Le mécontentement est aujourd’hui général dans notre pays et la colère n’est pas réservée à ceux qui s’apprêtent à manifester. La réforme des universités On voit que les mouvements qui s’y passent a fortiori quelques jours après les discussions à l’Assemblée nationale sur le budget de l’université, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, montrent qu’il y a sur ce dossier un manque de dialogue flagrant. Il y a un profond malaise sur une réforme dont on ne voit pas l’accompagnement financier de la part de l’État. On a l’impression que l’État laisse entrer en compétition les universités sans s’engager pour l’Enseignement supérieur et pour la Recherche. Il laisse par exemple planer de sérieux doutes sur l’avenir du CNRS et sur ses chercheurs. Nous lui demandons d’ouvrir sur ce dossier également un véritable dialogue et de ne pas réagir à l’Assemblée nationale uniquement par amendement susceptible de calmer le jeu. Il faut au contraire faire en sorte qu’il y ait avec les enseignants, les chercheurs et les étudiants et ceux qui se destinent à l’enseignement supérieur, des tables rondes pour rassurer sur les modalités de mise en œuvre de la loi et sur le non désengagement de l’État. Une première pour le groupe de liaison de la gauche Demain se tiendra bien la première réunion du groupe de liaison de la gauche et des écologistes. C’est un moment important, le premier depuis les élections présidentielles et législatives dernières. Il ne s’agit pas simplement d’une manifestation de riposte, car cette rencontre a été préparée. Ce n’est pas une manifestation liée simplement à l’actualité, même si cette dernière la renforce. Ce type de réunion aura lieu dans le temps régulièrement à un rythme mensuel. Elle donnera lieu à un travail durable et permettra la mise en place de groupe de travail entre les 5 partis concernés. Outre les questions d’actualité, évoquées dans un premier tour de table, nous aborderons plus spécifiquement les questions économiques et sociales, les institutions après le rapport de la Commission Balladur et la question du Grenelle de l’Environnement et les mesures prise à cette occasion. La Polynésie Nous faisons là encore une mise en garde au gouvernement sur les questions qui touchent au dialogue et à la méthode. Il s’agit du débat qui s’ouvre aujourd’hui au Sénat sur la Polynésie. Une situation d’instabilité est réelle depuis 2004. Le gouvernement propose un projet de loi organique pour résoudre cette question. Nous souhaitons mettre en garde le gouvernement contre les effets d’une éventuelle dissolution - qu’il appelle abréviation du mandat de l’Assemblée de Polynésie-, qui serait vécue comme une nouvelle provocation, comme un renversement d’un gouvernement polynésien au moment où celui-ci a trouvé une majorité qui n’a jamais été ainsi depuis 2004. A l’ouverture de ce débat, nous faisons une mise en garde forte au gouvernement, contre tout ce qui peut être ressenti comme une provocation sur place. La méthode de monsieur Estrosi ces dernières semaines est d’écouter sans rien entendre de ce qui lui a été dit et d’écouter sans jamais rien bouger à la façon dont il envisage les problèmes, sans respecter ceux qui se trouvent face à lui. Cette méthode à des milliers de kilomètres de la métropole, peut être porteuse de troubles et de graves tensions. Agression contre un principal adjoint de Pierrefitte Nous témoignons de notre solidarité au premier adjoint de Pierrefitte en Seine-Saint-Denis, qui s’est fait agressé pour des raisons qui seront connues sans tarder. Elles n’ont peut-être rien à voir avec les affaires de la communauté scolaire, mais nous souhaitons qu’il puisse y avoir rapidement une enquête qui aboutisse. Nous témoignons à Mohamed Abdallah, dans cet environnement difficile, dans ces endroits où l’investissement en matière éducative est souvent très fort, de toute notre solidarité.