Europe et international Lundi 28 Juin 2010 à 15:24
Point presse de David Assouline, Secrétaire national à la Communication
Commençons par l’agenda de la semaine. Martine Aubry sera mardi 29 juin à Roubaix à 18h30 dans le cadre des rencontres sur la contre-réforme des retraites que nous proposons et samedi 3 juillet au Carrousel du Louvre à Paris pour notre grande convention qui doit acter le processus de la rénovation et le vote des militants de la semaine dernière. Martine Aubry interviendra vers 12 heures.
Le G20
Il s’est achevé ce week-end et c’est encore un échec de plus à assumer par rapport à des problèmes énormes de crise mondiale qui pèsent sur la marche du monde, de vouloir asseoir à la hauteur de l’enjeu, une gouvernance mondiale et des éléments tangibles et crédibles de régulation.
Des désaccords persistent entre Barack Obama qui mise sur la croissance et la relance et Angela Merkel qui en tant que fer de lance l’Europe mise sur des plans de réduction drastiques des déficits, qui s’ils étaient développés, feraient qu’il y aurait facilement 4 à 5 millions de chômeurs de plus dans la zone Euro d’ici trois ans, dont 800 000 en France. Nous avons déjà vu vendredi que l’augmentation du nombre de chômeurs a déjoué toutes les prévisions de madame Lagarde, notamment dans la catégorie A, où l’on compte 92 000 emplois supprimés depuis le début de l’année. A cela s’ajoute, ce que Messieurs Fillon et Baroin ont annoncé, dans le cadre des 150 mesures annoncées en Conseil des ministres, une réduction de 100 000 emplois dans la Fonction publique dont 16 000 dans l’Éducation nationale. Quand on nous dit que c’est nécessaire, tout le monde s’accorde à dire que dans un tel domaine, pilier du lien social et pilier de l’avenir des jeunes, 16 000 emplois pour 2011 sont des annonces lourdes. On continue à considérer qu’on doit se serrer la ceinture, au détriment de la relance de l’activité, de l’emploi et du soutien à la relance des petites entreprises, dont on sait les difficultés pour obtenir des crédits et qui sont pourtant les plus à même de créer croissance et emploi.
La réforme des retraites
Marquée par de grandes manifestations la semaine dernière, pas assez grandes pour le gouvernement qui a joué la carte du mépris ou de la désinvolture. Ils prétendent qu’en 2003, il y avait eu plus de monde. Les syndicats qui ont retrouvé une unité globale, grâce à Force Ouvrière qui va se joindre aux autres, ont tout de suite dit qu’à la rentrée, ils seraient encore plus présents qu’en 2003, car la majorité des Français rejettent cette réforme. Elle est injuste, notamment sur la question de l’âge légal, où l’on fait semblant de dire que nous ne prenons pas en compte la démographie. Or la question de l’âge légal ce n’est pas la décision pour le PS de faire que tout le monde parte à la retraite à 60 ans de façon obligatoire, mais de protéger les 3 millions de salariés les plus démunis et les plus fragilisés qui souhaitent s’arrêter. Nous savons bien que pour liquider leur retraite, nombre de Français partent déjà à 61, voire 62 ans.
Nous n’arrêtons pas de rencontrer, avec Martine Aubry, des salariés, notamment des femmes, qui nous décrivent des situations d’injustice incroyables, bien qu’ils aient planifié une retraite bien méritée après avoir commencé à travailler jeunes et bien qu’ils aient rempli leurs annuités, ne peuvent cependant pas partir. Certains sont même licenciés depuis 6 mois, un an, ou davantage, et se retrouvent au RSA au lieu d’être à la retraite.
Nous continuons à marteler que nous ne négligeons pas la démographie. Nous avons proposé dans notre contre-réforme des mesures, mais nous considérons que sur ces questions, il y a une injustice. L’autre élément fondamental est que le plan du gouvernement n’est pas pérenne, puisqu’en misant avant tout sur l’allongement de l’âge légal, on peut assurer le financement jusqu’en 2018, mais pas au-delà, car sinon il manquerait un euro sur deux en 2050, générant de nouveau un déficit énorme.
L’affaire Woerth-Bettencourt
Par rapport aux déclarations de monsieur Woerth hier, le Parti socialiste n’a fait que poser des poser des questions et n’a à aucun moment jeté de l’huile sur le feu. Le Parti socialiste a simplement posé des questions légitimes qui font que dans une démocratie, les citoyens ont encore confiance dans la parole politique et dans la direction des affaires politiques. Or, c’est fondamental que les citoyens aient confiance, même si nous constatons que d’affaires en affaires qui concernent tantôt un ministre ou un autre, ne restent que le doute ou de la non réponse à nos questions évidentes. Nous n’avons pas mis nous-mêmes sur la place ces affaires, portées par la presse, comme les site Mediapart, l’hebdomadaire Marianne ou le JDD. Tous les jours, apporte son lot de rebondissements et nous ne faisons que demander des éclaircissements et nous continuerons à le faire, car hier, Eric Woerth s’est cantonné dans la dénégation. Ca a été la méthode Coué, « Je n’ai rien à me reprocher, tout est légal donc il n’y a pas de problème ! ».
Or nous disons, oui, qu’il y a une affaire. Et cette affaire frappante pour les Français, est celle de l’État UMP. La France avait été émue et scandalisée pour bien moins que ça par l’Etat RPR, aujourd’hui nous avons dépassé les bornes. Quand on considère normal, de façon quasi candide, devant les Français hier, que l’on puisse être à la fois, trésorier de l’UMP et ministre du Budget, c’est légal, mais absolument anormal sur la plan éthique et moral.
Quand on considère normal d’organiser régulièrement, à l’hôtel Bristol, alors qu’on est en fonction au ministère du Budget, en tant que trésorier de l’UMP, des réunions des plus grandes fortunes de France et des donateurs de l’UMP, pour la campagne électorale de Nicolas Sarkozy, en présence du président de la République en fonction, - alors que nous savons que la République irréprochable depuis Victor Hugo était de créer quelque chose d’étanche entre le pouvoir politique et le pouvoir de l’argent-, nous considérons, qu’une telle confusion des genres ne semble pas déranger le ministre.
C’est pourtant un tel système qui laisse la porte ouverte à tout un tas de dérives et de doutes. Ce sont ces doutes partagés par les Français que nous relayons. Cela ne concerne pas seulement les liens de proximité entre la politique et l’argent, c’est aussi le pouvoir judiciaire et le pouvoir médiatique. Au plus sommet de l’État, on affiche des liens d’amitié et de proximité avec des grands patrons de l’audiovisuel et de la presse (on va jusqu’à parler de frère). On va jusqu’à trouver normal d’interpeller et d’appeler les patrons d’un grand quotidien indépendant, pour donner son point de vue sur les repreneurs éventuels. On peut juger normal pour le président de la République, de nommer directement les patrons de l’audiovisuel public. Il n’y a pas de problème, nous disait-on, vous verrez ! Or, le problème, nous l’avons déjà vu, il n’a pas fallu plus de temps que cela. Les deux humoristes vidés de France inter, est l’une de ces manifestations. Alors à un moment donné, il faut savoir dire stop à l’État UMP, pour que les Français aient confiance dans le gouvernement et dans la conduite des affaires publiques.
Nous continuerons à poser la même question avec encore plus de force, car il en va de la démocratie. On ne peut pas indéfiniment considérer, que c’est seulement dû à de la malveillance du Parti socialiste.
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