Vie du PS Lundi 11 Février 2008 à 16:19
Point presse de Stéphane Le Foll et présentation par Annick Lepetit du document "Payer toujours plus pour se loger ?"
Point presse hebdomadaire du Parti socialiste avec Stéphane Le FOLL suivi de la présentation par Annick LEPETIT, Secrétaire nationale au Logement du document « Payer toujours plus pour se loger ? La droite laisse faire, les socialistes agissent » L'actualité Notre campagne pour les élections municipales La convention du Modem Consultation avec les partenaires sociaux Intervention d’Annick Lepetit : Présentation du document : « Payer toujours plus pour se loger ? La droite laisse faire, les socialistes agissent » Intervention de Thierry Repentin Intervention de Jean-Yves Le Bouillonnec L’actualité Nous sommes dans une phase particulière où l’on constate que nous sommes dans une confusion générale. La volonté de tout sur médiatiser engendre une confusion dans l’action de la politique gouvernementale et de celle du président de la République. Nous étions témoins hier soir d’une conférence de presse totalement décalée alors que Nicolas Sarkozy est déjà parti pour la Guyane. Confusion sur la manière de conduire la politique et sur la politique elle-même. Concernant la sidérurgie, des annonces sont immédiatement contredites par la ministre des Finances, Christine Lagarde. Ce fut la même chose pour les quotas de pêche récemment. On est également dans la confusion la plus complète pour les engagements pris dans le cadre du Grenelle de l’Environnement. Le dernier avatar du rapport Attali montre qu’il est quotidiennement remis en cause par le gouvernement après que le président de la république a annoncé qu’il reprendrait quasiment toutes ses propositions. Le message du PS consiste aujourd’hui à dire que la politique du gouvernement atteint un point de confusion qui nous inquiète. Cette situation trouve son illustration à Neuilly, vitrine locale de Nicolas Sarkozy et de l’UMP. Cette vitrine locale est en train de se briser avec la remise en cause de celui qui avait pourtant été installé par le président de la République, lui-même. On assiste maintenant à un mini putch du fils du président de la République, Jean Sarkozy. Notre campagne pour les élections municipales A nous dans ce moment-là d’être particulièrement clairs sur les objectifs qu’on se fixe dans cette campagne. Nous venons de lancer un tract qui sera tiré à 3 millions d’exemplaires. Il a pour objectif de valoriser un vote assorti de 2 messages distincts que nous voulons faire passer. Le premier est que nous entendons être utiles aux Français et protecteurs dans le cadre des politiques que nous conduirons au niveau local. Notre priorité est donc celle du logement social, ce qui justifie d’ailleurs la présentation de nos objectifs en la matière par Annick Lepetit, Jean-Yves le Bouillonnec et Thierry Repentin ici présents. Le logement social est bien au cœur des préoccupations des Français, on le ne voit dans les enquêtes d’opinion. Le transport collectif est également un chapitre sur lequel les élus socialistes ont fourni un des plus gros efforts en termes d’aménagements collectifs. Le soutien scolaire, l’Environnement pour limiter les coûts énergétiques en l’occurrence pour le logement, l’action sociale et la solidarité que ce soit au niveau des municipalités ou des départements, voilà les messages que nous voulons faire passer. Le second message est la dimension nationale du scrutin. Plus l’engagement sera fort en faveur des listes de la gauche, plus nous pourrons dire que nous sommes contre ce qui est en train de se préparer au niveau du gouvernement. A la fois contre la TVA sociale régulièrement évoquée, ou pour le pouvoir d’achat alors que nous savons pertinemment que ce n’est pas l’obole versée juste avant les élections pour les personnes âgées qui pourra régler le problème rencontré par les salariés. Rajoutons à cela l’instauration des franchises médicales contre lesquelles nous sommes farouchement opposés. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement de revenir sur les avantages accordés aux plus aisés à travers le paquet fiscal qui coûte cher, qui n’aboutit à aucun résultat et qui continue à creuser les inégalités, ce qui est inacceptable. Cette campagne qui entre maintenant dans sa phase active, a pour but de faire passer deux messages : nous voulons être utiles tout en envoyant un signal clair au gouvernement et à Nicolas Sarkozy. La convention du Modem On a compris que François Bayrou souvent perçu comme le grand gagnant de la présidentielle 2007, fait de cette élection le 3ème tour de l’élection présidentielle et une préparation pour celle de 2012. Pas un mot sur un quelconque projet municipal, sur l’action concrète que le Modem entend mener à la différence de ce que nous faisons pour nos municipalités. La stratégie de François Bayrou qui passe par des accords à la carte est totalement incohérente, quand il ne s’agit pas d’accords qui sont passés contre l’avis même de François Bayrou. Il prétend exclure les sectaires et passe dans le même temps un accord avec Alain Juppé à Bordeaux qui en retour lui apporte son soutien à Pau. Il y a pourtant une liste de gauche, ce qui prouve que François Bayrou n’est pas dans la volonté d’être utile aux Français mais dans une tambouille politique qui lui permettra dès que les élections municipales seront passées de se tourner vers son seul objectif, les présidentielles de 2012. Face à cette stratégie, nous voulons affirmer notre cohérence, notre projet clair et ouvert à la discussion avec tous ceux qui acceptent les objectifs que nous nous fixons pour ces élections municipales et avec tous ceux qui acceptent les partenaires du PS. Consultation avec les partenaires sociaux A signaler dans le calendrier que nous allons rencontrer l’ensemble des organisations syndicales durant tout le mois de février. Nous avons souhaité faire avec elles le point sur la situation économique et sociale sur les négociations en cours pour voir comment nous pouvons aider à la mobilisation et aux revendications syndicales. Intervention d’Annick LEPETIT Présentation du document : « Payer toujours plus pour se loger ? La droite laisse faire, les socialistes agissent » >> Télécharger le document au format pdf Nous sommes là aujourd’hui pour vous présenter un document sur le Logement de 18 pages sur le Logement social destiné aux candidats socialistes et qui sera distribué dans les fédérations, dans les sections avec un premier tirage à 2500 exemplaires. Ce document est en deux parties, la première sur le bilan des gouvernements de droite sur la période 2002/2008 là où la politique d’État dispose de leviers encore extrêmement forts. Le principal reproche que nous faisons au gouvernement est de ne pas avoir pris en compte la gravité de la crise du logement sans corriger les orientations politiques qui permettraient de s’en sortir. Tous les jours, nos candidats constatent que cette crise augmente et que parallèlement le pouvoir d’achat de nos concitoyens s’aggrave. La première dépense des familles concerne le logement et l’augmentation du coût du logement que ce soit pour les loyers ou à l’achat n’a pas été enrayée, au contraire. Cette augmentation qui pénalise de plus en plus de ménages se traduit par l’augmentation des prix du marché, car il y plus de demandes que d’offres. L’offre du parc privé reste inaccessible pour de nombreux ménages aussi bien dans les grandes villes que dans des villes moyennes ou petites, voire dans les zones rurales. C’est ce qu’illustre la seconde partie du document consacré à des exemples précis de villes socialistes quoi ont mis su mettre en place des politiques de terrain efficaces. Nous revenons également sur l’application de l’article 55 de la loi SRU. Il y a depuis plus de 6 ans une loi qui demande à chaque commune de construire au moins 20 % de logement social, ce qui constitue seulement un seuil et non un plafond. Les villes en dessous de ce seuil doivent être pénalisées par l’État, mais là aussi l’État ne joue pas son rôle de garant de l’égalité de traitement pour l’ensemble de nos concitoyens. Il laisse faire quand des élus décident de façon péremptoire de ne pas l’appliquer au mépris de la diversification du logement social sur l’ensemble de notre territoire. L’accession au parc privé est également un sujet sur lequel nous sommes en total désaccord avec la droite. Nous avons sur ce point, un réel clivage idéologique. Le parc privé est devenu inaccessible et dans la politique conduite par les gouvernements successifs de droite il n’y a aucune mesure prise pour inciter les propriétaires à louer moins cher et à offrir des logements accessibles à toutes les bourses. Ce gouvernement a fait pire en accordant des allégements fiscaux aux bailleurs sans contreparties sociales. Cela représente un coût de 400 millions d’euros par an pour tous les contribuables, somme avec laquelle nous pourrions construire du logement social pour les plus modestes. La campagne de Nicolas Sarkozy portait essentiellement sur la France des propriétaires, ce qui n’est en fin de compte qu’une illusion. Si on regarde l’augmentation des taux d’intérêt des banques et l’endettement des ménages, on est en droit de se demander si le but est de devenir le locataire de son banquier, plutôt que de travailler à l’achat de logements et de terrains moins chers qu’ils ne sont aujourd’hui ? Pour nous le logement n’est pas seulement une marchandise, faite pour la spéculation financière, mais un bien qui permet de vivre. Voir de plus en plus des gens dans la précarité qui arrivent à trouver un travail, mais ne parviennent plus à trouver un logement, nous oblige à développer des stratégies locales au niveau du département et des régions et à compenser l’absence de l’État. Vous retrouverez tout cela dans le document que nous avons préparé et qui montre clairement que l’État ne joue plus son rôle de garant et n’agit plus pour ceux qui quantitativement en ont le plus besoin. L’exemple des hôtels meublés à Paris, les retards du logement étudiant à Montpellier, les exemples de mixité sociale et générationnelle à travers les municipalités socialistes montrent que cette crise n’est pas une fatalité et que l’on peut y remédier par une politique active. La campagne du candidat Sarkozy qui opposait la France des propriétaires à la France des HLM n’est plus de mise aujourd’hui. Nous n’opposons pas les deux, car ils sont nécessaires, mais nous voulons une politique juste et équilibrée sur le territoire. D’où la difficulté d’appliquer le droit opposable au logement. Nous devons appuyer sur tous les leviers qui sont cassés aujourd’hui. Intervention de Thierry REPENTIN Notre présence n’est pas le fruit du hasard, étant donné nos responsabilités respectives, car la crise du logement est partagée sur l’ensemble du territoire national. Sur ce sujet, le Parti socialiste a une unité nationale sur cette question. Nous engageons le combat à la fois sur le terrain et dans les deux assemblées, où nous déposerons très vite un projet de loi en lien avec les associations nationales sur les problèmes du logement. Nous sommes allés récemment dans 2 villes des Hauts-de-Seine, Palaiseau et Neuilly. Ces deux villes n’ont pas encore 20 % de logements sociaux et ne sont pas en conformité avec la loi de la République qui dit que chacun a le droit de se loger quel que soit son niveau de revenu. A Palaiseau, la mairie a préempté un terrain pour construire prochainement 170 logements, 30% en locatif social, en 30 % en accession à la propriété et 30 % en logements libres, soit une parfaite mixité telle que nous la souhaitons sur tout le territoire national. A Neuilly dans la ville qui est paraît-il la plus riche de France, une administration des douanes délocalise ses services et propose à la municipalité d’acheter le terrain, ce que la ville refuse tout en indiquant à un promoteur consentent de réaliser une bonne opération financière. Dans quelques mois surgiront de terre des appartements de grand standing de 350 m2, ce qui vient renforcer la discrimination. Ces logements de Neuilly paradoxalement coûteront plus cher à l’État et aux contribuables parce qu’à Neuilly il y aura des investissements locatifs et des déductions fiscales de Robien, et Borloo qui coûtent en réalité deux fois plus cher au budget de l’État. La ville va en revanche encore plus s’enrichir. Notre document montre ce que nous pouvons faire si on veut s’engager en faveur du logement social. Les sifflets qui ont accompagné le discours de Mme Boutin lors de la remise de son rapport à la Fondation Abbé Pierre étaient spontanés et non préparés, car les discours compassionnels et le manque de compétence et de moyens dans le ministère de Madame Boutin sont aujourd’hui patents. La décision du Premier ministre de mettre en place une mission parlementaire auprès d’elle est d’ailleurs un désaveux cinglant de sa politique. Intervention de Jean-Yves le BOUILLONNEC La vraie difficulté est que l’État a une véritable responsabilité dans le domaine du logement qu’il n’assume pas, car il veut laisser faire la loi du marché au risque de causer des ruptures. Il pense que la régulation des lois du marché permettra d’avoir des logements accessibles au plus grand nombre ce qui est de la foutaise, car cela n’a jamais marché, y compris dans le passé. Le logement est au cœur de la ville et au coeur de l’espace des gens. Quand on construit du logement accessible à chacun, on peut commencer à parler de la Santé , du rétablissement des enfants dans le processus scolaire, on peut commencer à parler de la recherche d’emploi ou de l’intégration dans les territoires. Quand on empêche que les gens dépensent plus de 30 % de leur budget pour se loger, on leur ouvre la possibilité de payer autre chose, pour leur santé, ou l’accès aux loisirs et à la vie au plein sens du terme.
