Santé, solidarité et personnes âgées Mardi 25 Mai 2010 à 15:02
Point presse hebdomadaire de Benoît Hamon
Retraites
Les masques sont tombés tout au long du week-end. Je voudrais insister sur un point qui fait l’objet de peu de débat mais sans doute la réalité la plus forte liée aux conséquences de la réforme mise en œuvre par le gouvernement, c’est la baisse des pensions dont on comprend aujourd’hui qu’elle associera le recul de l’âge légal jusqu’à 63 ans potentiellement et l’allongement des cotisations.
Le premier mensonge du gouvernement est de nier la baisse des pensions. Il suffit de regarder les conséquences des deux précédentes réformes : baisse en moyenne de 20% du niveau des pensions dixit la caisse d’assurance vieillesse. Pourquoi ce serait encore le cas, tout simplement, plus vous allongez la durée des cotisations, tant que l’emploi des seniors restera ce qu’il est et tant que les jeunes arriveront tardivement sur le marché du travail et bien naturellement, la conséquence de cela, c’est qu’il sera difficile de réunir suffisamment de trimestre pour avoir une retraite à taux plein.
La première conséquence de cette réforme c’est inéluctablement la baisse des pensions. Je ne me prononce pas à partir d’une appréciation, regardez les conséquences des réformes Balladur et Fillon, réformes respectivement de 1994 et de 2003, bien mise en lumière par une étude de la CNAV qui confirme bien une baisse en moyenne de 20% du niveau des pensions.
Deuxième mensonge du gouvernement : « Nous voulons consolider le système par répartition ». Les masques tombent quand Xavier Bertrand dit lui-même dans le Parisien : « la capitalisation ne peut plus être un tabou ». Il est clair que dès lors que la réforme a pour conséquence la baisse du niveau des pensions elle a aussi comme conséquence pour les retraités qui n’ont pas de pensions suffisantes pour vivre correctement, la conséquence de la baisse des pensions, c’est la mise en place d’un système de capitalisation obligatoire pour permettre aux retraités d’avoir un pouvoir d’achat décent. La réalité de ce projet c’est la baisse des pensions.
Le projet du gouvernement est bien de baisser les pensions et parce qu’il baissera les pensions, il engendrera l’émergence d’un système par capitalisation.
Campagne du Parti socialiste
Le Parti socialiste a imprimé à 10 millions d’exemplaires un 4 pages qui sera distribué dans toute la France. Il y aura également un tour de France des ambassadeurs du projet socialiste dans le domaine des retraites pour dire que ce recul de l’âge légal de départ n’est pas acquis. Ce qui est fondamental aujourd’hui c’est que les Français se mobilisent.
Une grande majorité des Français veulent partir à 60 ans.
http://www.parti-socialiste.fr/retraites
Rythme scolaire
Juste un mot sur les annonces de M. Chatel sur la réorganisation du rythme scolaire au collège. Il faut souligner une curiosité, alors que nous venons de faire la semaine de 4 jours à l’école qui fait de la France le pays où les journées sont les plus chargées pour les élèves en primaire, on charge donc les élèves en primaire et on soulage les collégiens.
Alors, dans l’esprit pourquoi pas, mais aujourd’hui les moyens n’existent pas. Quand on sait que le gouvernement souhaite apporter une dotation de 5000 euros à des collèges expérimentaux, ça ne produira guère de résultat. Il manque évidemment des moyens.
Sur le principe nous ne sommes pas défavorables, loin de là, mais nous sommes plus proches d’un plan de communication que d’une vraie proposition surtout lorsque les moyens ne sont pas là.
Prise de parole de Liêm Hoang-Ngoc, secrétaire national adjoint à l’économie et député Européen, concernant la soutenabilité de long terme des finances publiques dans une économie en redressement
J’avais en charge le rapport d’initiative sur « la soutenabilité de long terme des finances publiques dans une économie en redressement ». C’était l’occasion pour le Parlement de lancer un message à la commission s’agissant des politiques à adopter dans un dans un moment où les marchés financiers ont beaucoup de mal à évaluer les risques associés aux emprunts d’états. Ce rapport était l’occasion de trouver un compromis le plus large possible.
J’avais proposé 3 types de recommandations :
- - Maintenir des mesures de soutien tant que la reprise n’était pas assurée. C’est-à-dire une lecture souple du pacte de stabilité dans le respect de l’esprit de sa révision de 2005
- - Évaluer l’efficacité des dépenses fiscales.
- - Une recommandation visant à regarder beaucoup plus les déficits structurels plutôt que les déficits courants. L’idée était de créer un indicateur pouvant être utilisé après par une agence de dotation publique dont nous demandions également la création.
C’était, comme vous le voyez des propositions concrètes. Mais le rapport qui ressort n’a plus rien à voir avec l’initial. Les conservateurs et les libéraux se sont entendus pour l’amender ligne par ligne et le vider de son contenu pour devenir un manifeste néo-libéral.
J’ai donc décidé de retirer mon nom de ce rapport, de concert avec le groupe socialiste et démocrate.
Nous avons appelé toute la gauche à voter contre ce rapport.