Economie, entreprise, industrie Lundi 14 Juin 2010 à 13:13
Point presse hebdomadaire de Benoît Hamon
Élections législatives en Belgique : sentiment mitigé
Nous sommes satisfaits du résultat des socialistes en Wallonie, mais nous sommes beaucoup plus inquiets par le résultat des indépendantistes en Flandres. Sur le plan institutionnel, la situation en Belgique va amener ces deux composantes de la vie politique belge à discuter et composer. C’est un exemple clair, du constat de la montée des nationalismes, en Europe : une volonté de morceler l’Union européenne et les États qui la composent. On connaît ce type de mouvement ailleurs en Europe et c’est pour nous un sujet d’inquiétude. D’autant plus que la Belgique s’apprête à prendre la présidence de l’Union européenne.
Pour la mise en œuvre d’un calendrier d’harmonisation sociale et fiscale
Cette situation révèle également, un réflexe politique qui est bien connu, celui du refus de solidarité, de la part d’une province riche, à l’égard d’une province qui l’est moins. C’est une tendance européenne et elle sera d’autant plus constante et forte que l’on continuera à fonctionner dans un univers de concurrence sociale et fiscale. Tant que l’on ne mettra pas en œuvre un calendrier d’harmonisation, la logique sera la baisse des standards sociaux et du niveau des prestations sociales.
Poul Nyrup Rasmussen en visite en France
Demain (mardi 15 juin) nous recevrons la visite de Poul Nyrup Rasmussen qui est le président du PSE, l’ancien Premier ministre danois. Il viendra rencontrer les socialistes français. Je vous invite à participer à la conférence de presse qu’il tiendra avec Martine Aubry, à 16h15, puisque ce sera l’occasion de faire des propositions importantes en matière de régulation financière, de relance économique, de la part, à la fois, de notre Première secrétaire et du président du PSE. Il faut tourner le dos à ce qui est aujourd’hui l’agenda des dérégulations, tel qu’il est mis en œuvre au niveau européen. Nous proposerons également des mesures de régulation financière qui seront des mesures de relance économique, là où nous constatons aujourd’hui que la Commission européenne, dominée par les droites européennes, ne réclame qu’une seule chose : l’austérité et donc l’incapacité de pouvoir relancer nos économies. C’est une hérésie sur le plan économique. Cela nous renvoie aux réponses apportées en 1929, pour une crise qui fut absolument terrible, notamment sur le plan des salaires et de l’emploi.
Le Parti socialiste soutien Ardi Vrenezi
Le Parti socialiste s’associe à la manifestation qui aura lieu demain, à Strasbourg, en faveur d’Ardi Vrenezi. C’est un jeune kosovar, de 14 ans, qui a été expulsé avec sa famille, en dépit de sa maladie. Il est polyhandicapé et atteint de maladie dégénérative. Il a été expulsé au Kosovo. Aujourd’hui sa famille affirme qu’il n’est pas en capacité de recevoir les soins qui lui sont indispensables. C’est une politique du chiffre, en matière d’expulsion. Elle se traduit de manière insupportable. Bon nombre de familles, de citoyens, en Moselle, se mobilisent pour ce jeune. Beaucoup de responsables politiques se mobilisent et le Parti socialiste s’associera à la demande en faveur de son rapatriement. Ce jeune homme n’aurait jamais dû être expulsé du territoire français.
Réactions aux actes et aux paroles du Premier ministre
Rappelons la situation de notre pays. En avril, nous avons 35 000 chômeurs de plus, la production industrielle a reculé de 3%.
Jamais, selon les indicateurs qui existent, la confiance des ménages n’a été aussi fragile. La réponse du Premier ministre a tout cela, c’est la mise en place d’une politique de privation et d’austérité. C’est une politique qui continue à garantir l’abondance pour une minorité, mais qui impose des privations à l’immense majorité des Français. Ce sont des privations que l’on entrevoit. La poursuite du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, mais surtout le gel des crédits d’impôt, d’intervention de la puissance publique, de 45 milliards d’euros de baisse de la dépense publique, d’ici 2013. Ce sera moins de service public. Par conséquent : des classes de plus en plus surchargées, des hôpitaux et des services d’urgence asphixiés, des routes moins bien entretenues, des quartiers de plus en plus abandonnés, moins de prestations sociales, …
Alors que la Premier ministre continue à garantir à une minorité l’abondance par la mise en œuvre du bouclier fiscal. C’est une politique injuste socialement et parfaitement inefficace économiquement. Ce n’est pas le bon moment pour réduire les dépenses, il faudrait faire l’exact contraire.