Economie, entreprise, industrie Mardi 21 Février 2012 à 18:51
Pour le candidat-sortant, la crise est finie. Pas pour les salariés de l’industrie.
Lors de son meeting à Marseille, le candidat de l'UMP a été fidèle à lui-même : il est content de lui dans un pays qui gronde. « Nous avons réussi à éviter la catastrophe » prétend-il avant de se féliciter que, dans notre pays, « le chômage [n'ait] pas explosé comme ailleurs ». Pour les salariés et les territoires touchés récemment par des plans de licenciements ou plongés dans l'incertitude d'un redémarrage de leurs usines, ces déclarations sont des provocations.
Après les 575 emplois supprimés de Gandrange, ce sont plus de 2000 salariés, sous-traitants, intérimaires qui sont désormais menacés par un plan social dans l'aciérie de Florange en Moselle, malgré les promesses de la direction d'Arcelor-Mittal et du Gouvernement sortant. La crise qui continue, c'est aussi la ralentissement de la production dans l'usine PSA d'Aulnay-sous-bois ; c'est l'ouverture d'une usine low cost de Renault à Tanger que l'Etat, actionnaire à 15%, a acceptée alors que la production est essentiellement destinée à l’Europe ; c'est l'avenir incertain de la raffinerie Pétroplus en Seine-Maritime et de la papeterie M'Real dans l'Eure. La crise qui continue, c'est la désindustrialisation qui s’accélère : depuis 2007, 345 600 emplois ont été détruits dans l’industrie. Sa part dans la valeur ajoutée ne cesse baisser année après année. Notre commerce extérieur atteint un déficit record.
La reprise annoncée de Lejaby et Photowatt par des amis du pouvoir reconnaissants à quelques semaines de l'élection présidentielle est une bonne nouvelle pour les salariés de ses entreprises mais elle ne permettra pas au candidat de la droite d'échapper à son bilan : notre industrie a besoin d'une stratégie industrielle claire et durable, pas de coups médiatiques. C'est le sens des propositions de François Hollande qui a fait de la réindustrialisation sa priorité autour de quatre piliers :
• La production avec le soutien aux filières industrielles d’avenir et le développement des PME et des ETI grâce à Banque publique d’investissement mobilisée sous forme de fonds régionaux ou inter-régionaux, grâce à la réorientation de l’épargne et de la fiscalité vers l'investissement productif, ainsi que par la réforme bancaire au service de l'économie réelle.
• L'innovation grâce au soutien à la recherche et développement publique et privée, la réorientation du crédit impôt recherche vers les PME innovantes et les entreprises des secteurs stratégiques.
• La formation avec la valorisation des filières d'enseignement technologique et professionnel pour les jeunes, le soutien à la formation continue des salariés, le contrat de génération pour favoriser la transmission des savoirs dans l'entreprise entre les jeunes et les seniors, le développement de la formation supérieure notamment technologique.
• La protection grâce à une meilleure traçabilité des produits consommés et l'application par l'Union européenne de la réciprocité commerciale dans les échanges. Au-delà, c'est une réorientation de l'Europe au service de la croissance et de l'emploi qui est indispensable : euro-obligations et budget volontaire 2014-2020 pour financer les grands projets ; stratégie de soutien à l’innovation pour une mobilisation massive des crédits européens ; coopération renforcée pour les énergies ; réorientation des politiques monétaires, de la concurrence et commerciale qui, actuellement, nuisent aux intérêts des entreprises et des salariés européens.
L’indispensable redressement productif de notre pays demande un véritable changement, que seul François Hollande peut porter.
Communiqué,
Bureau national
