Education, recherche, culture Jeudi 24 Novembre 2011 à 17:38
Revalorisation : le compte n’y est pas
Nicolas Sarkozy s’était engagé, en contrepartie de la réduction du nombre d’enseignants, à leur offrir de meilleures perspectives de carrière et un meilleur niveau de vie. Une fois encore, avec les annonces faites ce matin par Luc Chatel au Salon de l’Education, nous sommes très loin du compte. Personne n’est dupe de l’objectif réellement poursuivi par le ministre : tenter d’étouffer la forte contestation des enseignants suite aux propositions de modifications de leur évaluation.
L’augmentation salariale promise ne concerne qu’une petite minorité d’enseignants. 107 000 d’entre eux seulement se partageront 75 millions d’euros. En réalité, seuls les enseignants dans leur première année d’exercice verront leurs salaires augmenter d’un peu plus de 100 euros – bruts – par mois. Pour les autres, la hausse est bien modeste – quelques dizaines d’euros pour les échelons 4 et 5. Mais pour l’immense majorité des enseignants, la fiche de paye restera inchangée.
Faut-il encore le rappeler ? Les enseignants français, notamment ceux du premier degré, demeurent parmi les moins bien payés d’Europe après 15 ans d’ancienneté ! Les plus anciens souffrent pourtant tout autant que leur cadets de la dégradation de leurs conditions de travail consécutive aux suppressions massives de postes de ces cinq dernières années. La multiplication des heures supplémentaires ne saurait se substituer à une véritable revalorisation.
Rien, dans ces annonces, n’est de nature à enrayer la terrible crise des vocations et du recrutement que nous connaissons aujourd’hui. Quelques dizaines d’euros ne remplaceront jamais la suppression de la formation et l’absence d’accompagnement des jeunes enseignants !
C’est d’une refondation profonde dont l’éducation a aujourd’hui besoin, qui passe par un nouveau contrat entre les enseignants et la nation. Revaloriser les enseignants, c’est leur dire que le pays a besoin d’eux, et recommencer à créer des postes. C’est affirmer qu’être enseignant est un métier qui s’apprend et c’est ainsi reconstruire une véritable formation initiale et continue digne de ce nom, comme François Hollande s’y engage. C’est, enfin, engager une concertation avec les enseignants pour faire évoluer leur métier, sur la base d’un diagnostic et d’objectifs partagés, pour leur permettre de remplir l’ensemble de leurs missions.