Famille, enfance et sport Mardi 27 Décembre 2011 à 9:06
Soutenir Michel Platini, une nécessité et une urgence
Au moment où Antoine Kombouaré, entraîneur d’un Paris Saint Germain (PSG) champion d’automne est limogé, le footballeur David Beckam rejoint le club parisien avec un salaire de 800.000 euros brut mensuel. Un tel niveau de très très haut revenu est d’autant plus choquant que le chômage atteint des records en France et en Europe. Il s’inscrit dans le cadre des rémunérations excessives, des stocks options et autres parachutes dorés de certains grands patrons, des bonus des traders, ou des émoluments élevées perçues par des stars.
Ces derniers mouvements sportifs confirment la pertinence d’une régulation économique et financière, dans le domaine du sport professionnel et particulièrement dans le football, incluant une limitation des rémunérations à travers l'instauration d'un salary cap. Pour être efficace, ce salary cap doit être instauré au niveau européen et être complété par des accords sur la fiscalité appliquée au sport professionnel. Soutenir les propositions de Michel Platini, président de l'UEFA, est une nécessité et une urgence. Le débat européen sur le fair-play financier, une DNCG européenne, ne peuvent progresser qu’avec une parole politique ferme et inscrite dans la durée, difficilement compatible avec 5 ministres des sports en moins de 5 ans!
Le sport professionnel est un secteur économique à part entière, qui génère près de 4 milliards d’euros par an en France. Outre la richesse économique, il produit de la richesse sociale, des moments de rassemblement, de communion... Accepter la professionnalisation du sport doit signifier automatiquement mettre en œuvre sa régulation. C’est la condition au respect des valeurs sociétales que le sport professionnel diffuse et promeut : le vivre ensemble, l’exemplarité du joueur et des dirigeants, le développement du mouvement associatif. C’est aussi une exigence pour assurer sa pérennité. Le football ne peut en effet, pas plus qu'un autre secteur économique, se permettre de continuer à évoluer dans une bulle spéculative, assis qu’il est sur la course aux droits TV et les transferts de joueurs à coup de mercatos successifs. Enfin, il n’est pas acceptable que de telles rémunérations puissent être consenties avec le soutien de l’argent public qui subventionne ce secteur de l’économie.
