Education, recherche, culture Lundi 30 Janvier 2012 à 16:16
Un pourcent et du vent !
La mesure trainait dans les cartons de l’UMP, augmenter le taux obligatoire des jeunes apprentis de 4 à 5 % dans les entreprises de plus de 250 salariés, la voila maintenant officielle pour servir la communication du président en campagne.
Face à cette annonce purement comptable, François Hollande rappelle que l’apprentissage est une voie de formation initiale et non une mesure d’emploi destinée à masquer le taux de chômage endémique des jeunes Français, première victime de la crise économique et sociale. Au-delà d’une augmentation quantitative, c’est une amélioration globale et qualitative des conditions de l’apprentissage qui permettra d’en faire une voie efficace de préparation des jeunes à l’insertion dans l’emploi.
Cette mesure « courant d’air » restera sans objet et sans effet :
- les recrutements en apprentissage sont finis pour l’année scolaire en cours !
- pire, elle peut remettre en cause le travail de qualité et de revalorisation engagée avec succès par les Régions.
C’est à la rénovation de l’image du dispositif qu’il faut s’attaquer pour une meilleure attractivité et plus de diversité : seulement 34% de filles en apprentissage qui sont assignées à des métiers traditionnellement féminins (coiffure, esthétique, services aux personnes), très peu de jeunes issus de ZUS (zones urbaines sensibles), très peu de jeunes personnes handicapées.
En l’espèce, il s’agit de négocier avec les branches professionnelles, les grandes entreprises, des contrats d'objectifs pour l'égalité professionnelle apprentissage (augmenter le nombre de filles dans tout métier, intégrer des jeunes de ZUS, par exemple...). Et non de décréter unilatéralement des sanctions en père fouettard de la Nation. Certains secteurs peuvent constituer des "niches" pour l'apprentissage : les Métiers "verts" (éco construction, par exemple), le secteur public (très peu d'apprentis en mairie et même dans les Régions), le secteur sanitaire et social (infirmiers et travailleurs sociaux, par exemple).
De même, il faut être vigilant sur les conditions d’accès à l’apprentissage (risque de discrimination, les mêmes que celles classiquement attachées à un contrat de travail…). A cet égard, François Hollande rappelle son opposition totale à l’apprentissage dès 14 ans qu’autorise la loi Cherpion de juillet 2011.
Enfin, il faut éviter la mise en concurrence voire la substitution à la voie professionnelle en lycée. C'est le choix du gouvernement actuel : continuer les fermetures de sections y compris dans la voie professionnelle et prôner le développement de l'apprentissage et ainsi faire supporter aux branches pro et aux Régions le financement de la formation des jeunes.
