Apprentissage : un chemin vers l’emploi

Le Parti socialiste accorde une place prépondérante dans son projet à cette formation par alternance. Elle offre aux jeunes un itinéraire concret pour acquérir à la fois une connaissance théorique et une aptitude pratique pour maîtriser un métier, comprendre l’entreprise, acquérir des savoir-faire indispensables.

L’apprentissage est aujourd’hui un des chemins les plus sûrs pour trouver un emploi : près de 70% des apprentis décrochent un CDI à la fin de leur formation. Trois ans après leur sortie de formation, leur taux d’insertion professionnelle est de dix points supérieurs à celle de leurs homologues issus d’autres modes de formation.

Les enjeux

Si les effectifs d’apprentis sont passés de 211 000 en 1992 à 405 000 en 2013, ce bond dissimule le fait qu’il a essentiellement bénéficié aux jeunes déjà diplômés, notamment ceux du supérieur. Ainsi, deux jeunes sur trois entrant en apprentissage en 2011 avaient déjà un diplôme, contre un sur deux en 1992. Et la part des diplômés du supérieur est passée de 1% à 14% sur la même période. L’apprentissage en France s’adresse de moins en moins aux jeunes peu ou pas diplômés.

Pour autant, il ne faut pas tomber dans l’excès inverse, c’est à dire définir l’apprentissage comme une politique d’insertion en faveur des publics défavorisés, ce serait réducteur alors qu’il est « un mode de pédagogie qui développe des compétences spécifiques, utiles à l’insertion » comme le rappelle Yves Cimbaro, le président de l’Anasup. C’est la raison pour laquelle, il y a souvent un manque de vision concernant l’apprentissage dans l’enseignement supérieur.

Aujourd’hui, un fossé demeure entre l’image excellente de l’apprentissage et la réalité de sa mise en œuvre. Alors que 82 % des PME ont une bonne image de l’apprentissage, seuls 426 000 jeunes sont en formation par l’apprentissage. Tout doit être fait pour y remédier, notamment par l’amélioration de la qualité du dispositif, la diminution des ruptures de contrat, la lutte contre les discriminations à la signature de contrat pour que tous les jeunes qui le souhaitent puissent obtenir un diplôme par cette voie.

Ce que proposent les socialistes

L’apprentissage doit être ouvert à tous. Le gouvernement s’est fixé un objectif ambitieux de 500 000 apprentis en 2017 et a mis en place pour cela plusieurs réformes : exonération de cotisations sociales, prime à l’apprentissage pour les TPE et les PME, meilleur fléchage de la taxe d’apprentissage, prise en charge de l’apprentissage pour les mineurs dans les TPE la première année ainsi que des mesures de simplification. Le nombre d’apprentis est en baisse, voilà une volonté politique et des mesures concrètes pour y remédier.

Ce que propose la droite

Dans une proposition de loi, la droite a recyclé sa vieille antienne d’abaisser l’âge de l’apprentissage à 14 ans. Il s’agit d’une mesure contreproductive pour le développement de l’apprentissage. Elle créée d’une part une grave et inutile entorse au principe de la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans et d’autre part ne tient pas compte des évolutions du marché du travail et des attentes des employeurs qui ne veulent pas d’apprentis si jeunes.

Ce que l’extrême droite propose

Sans surprise, la priorité pour l’apprentissage, c’est de le rendre accessible dès 14 ans et, au passage “d’en finir avec le collège unique”. Le programme du Front national implique davantage les Chambres des métiers de l’artisanat “afin d’élargir l’offre d’apprentissage”.  

« Relancer l’apprentissage, c’est relancer l’emploi. Relancer l’apprentissage, c’est réaffirmer la priorité à la jeunesse. Relancer l’apprentissage, c’est permettre l’élévation du niveau de qualification. Relancer l’apprentissage, c’est aussi relancer l’Education nationale. Parce que cela s’insère dans l’Education nationale.

Enfin, relancer l’apprentissage, c’est revaloriser le travail, le travail qui est une grande valeur républicaine à condition qu’il soit offert à tous. »

François Hollande, 19 septembre 2014

500 000 apprentis d’ici 2017.