Adapter la France aux grandes évolutions stratégiques

Le XXIème siècle connaît de grands bouleversements des équilibres stratégiques et technologiques mais aussi dans la nature des menaces. Pour que la France demeure une nation capable de décider en toute autonomie ses choix stratégiques, elle agit pour adapter le modèle de ses armées et lui donner les moyens nécessaires à leurs actions.

Ce que proposent les socialistes

En conséquence, le Livre blanc de 2013 sur la sécurité et la défense nationale a énoncé une nouvelle priorisation des enjeux géostratégiques de la France lesquels mettent en corollaire la nécessaire construction européenne en matière de défense et de sécurité : protéger le territoire national et les ressortissants français, garantir avec les partenaires européens et alliés la sécurité de l’Europe et de l’espace nord atlantique, stabiliser avec eux le voisinage de l’Europe, participer à la stabilité au Proche et Moyen-Orient, contribuer à la paix dans le monde.

Si depuis 2012 l’actualité des opérations extérieures et celles des attentats sur le sol français ont démontré la pertinence des choix stratégiques, il reste encore beaucoup à faire pour progresser entre partenaires européens et au-delà sur la voie d’une compréhension commune des menaces et des moyens à mettre en œuvre pour y parer.

Par ailleurs, face à l’accroissement des tensions budgétaires, mais aussi face à la dégradation du contexte international lié notamment aux actes et menaces terroristes, et à l’imbrication des missions de défense et celles de sécurité, des décisions capitales ont été prises pour que la France puisse conserver ses moyens de protection, de projection et de dissuasion : le budget de la défense a non seulement été sanctuarisé dès 2012 à 31,4 milliards d’euros, mais il a été décidé en 2015 de diminuer le nombre de suppressions de postes initialement prévues jusqu’en 2019 et d’affecter des crédits supplémentaires à la défense (3,8 milliards sur 4 ans).

En plus de ces efforts budgétaires inédits, ce quinquennat a démontré une volonté constante d’améliorer la concertation dans le monde militaire, en particulier lorsqu’il s’agit des conditions matérielles des personnels civils et militaires de la défense. D’évidence, le désordre et la précipitation avaient caractérisé le mandat de Nicolas Sarkozy. Et, sur des sujets aussi importants que les restructurations des emprises d’armements ou l’accompagnement et le soutien à apporter quotidiennement aux militaires, cette inconséquence avait eu de graves répercussions sur le moral de nos troupes et de leurs familles.              

Ce que propose la droite

Dans ses propositions d’alors (21 janvier 2015), l’UMP – aujourd’hui Les Républicains – dénonce les déflations de 24 000 postes entre 2014 et 2019 alors même que celles-ci correspondent aux déflations entamées sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy. L’UMP fait le constat du déséquilibre budgétaire et de l’inconnue quant à l’encaissement des recettes exceptionnelles, sur lesquelles déjà misait la droite quand elle était au pouvoir. C’est d’ailleurs en 2009 que la baisse du budget défense a été relancée. Par ailleurs, elle dénonce « l’absence d’initiatives diplomatiques majeures en matière de défense européenne », ce qui va notoirement à l’encontre des efforts français depuis 2012 auprès de ses partenaires européens.

En somme, la droite ne propose aucune alternative et, même sur ses critiques, est loin d’être unanime. Elle reproche à la gauche des échecs qui pourtant relèvent de sa responsabilité. En lieu et place de propositions, elle n’a fait que juger « insuffisantes » les corrections budgétaires attribuées en 2015 en vue de l’actualisation de la Loi de programmation militaire (Arnaud Danjean, Les Républicains, 29 avril 2015).

Ce que propose l’extrême droite

Le Front national affirme que malgré les mesures exceptionnelles qui ont été prises, la défense resterait pour la gauche « une variable d’ajustement budgétaire, sous la pression de l’Union européenne qui place l’austérité devant la sécurité des peuples » (Florian Philippot, 29 avril 2015).

Et, bien qu’il mentionne une « conception stratégique de la défense nationale », celle-ci n’a jamais été dévoilée.